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blé. C’est là qu’éclôt sa larve, qui dévore la farine du grain, et n’en laisse quel’écorce. «Les larves, dit Latreille, occupent chacune et exclusivement un grainde blé; elles prennent leur accroissement en rongeant peu à peu la substancefarineuse ; puis, après avoir insensiblement agrandi leur habitation, elles sechangent en nymphes. Elles sont fort blanches, longues d’une ligne; elles ontla forme d’un Ver mou et allongé. Le corps est composé de neuf anneaux sail-lants et arrondis, la tête est jaune et écailleuse. Les nymphes sont d’un blancclair et transparent, et offrent sous leur enveloppe les parties extérieures, maiscontractées, de l’Insecte futur. Après avoir passé huit à dix jours dans cet état,la Calandre touche à son dernier développement; elle se dégage de ce fourreauoù elle était ennnaillottée, perce la peau du grain, se pratique une ouverturepour sortir de l’asile de son enfance, et. se montre telle qu’elle doit être le restede sa vie. C’est au printemps que la femelle pond ses œufs; elle pratique obli-quement un trou dans un grain de froment ou de seigle, ordinairement le plusgros qu’elle trouve, et y dépose un œuf sur le côté et sous l’enveloppe ; de làelle passe à un autre, jusqu’à ce qu’elle ait terminé sa ponte. Lorsqu’elle a étéfaite de bonne heure, toutes les métamorphoses s’opèrent dans l’espace de qua-rante-cinq jours ; c’est dans le mois de juillet que la Calandre, devenue Insecteparfait, abandonne son étroite demeure. Il est d’autant plus difticile de se ga-rantir de ces Insectes, qu’ils émigrent d’une maison à l’autre, qu’ils courenttrès-vite, qu’ils sont fort petits, et d’une couleur obscure. Leur fécondité estréellement effrayante; on a calculé qu’un seul couple pouvait avoir dans uneannée six mille quarante-cinq descendants, dont chacun détruit quatre grainspour sa subsistance. Une observation qu’il ne faut pas oublier, est que les grainsoù se trouvent des larves de Calandre ne paraissent pas percés, ces larves, à la. sortie de l’œuf, ayant bouché avec un gluten le petit trou par lequel l’œuf avaitété introduit. »
Ce n’est pas à la surface des monceaux de blé que se tient la Calandre dansson repos; elle y vit enfoncée à quelques pouces de profondeur; et comme elleépargne l’écorce du grain, on ne voit pas au premier coup d’œil si les grainssont attaqués, puisque leur forme n’est pas changée. On ne s’en aperçoit qu’àla diminution de leur pesanteur et en les jetant dans l’eau : alors ceux qui sontgâtés surnagent.
Les recettes n’ont pas manqué pour détruire la Calandre du blé; aucune n'aréussi complètement. On a proposé des décoctions d’herbes fétides, qui ont nuiau blé sans nuire aux Charançons; l’odeur de l’essence de térébenthine, la va-peur du soufre, n’ont pas mieux réussi ; le criblage est impuissant à détacherles œufs, qui sont solidement collés et adhérents au grain. Une chaleur subitede soixante-dix degrés du thermomètre de Réaumur peut faire mourir les Ca-landres dans l’étuve; mais cette chaleur, en tuant les larves, dessèche le blé,et ne le préserve pas des Calandres, qui sont restées dans le grenier, et qui vontl’attaquer si elles n’en trouvent pas d'autre. On a eu l’idée de substituer lefroid à la chaleur, et l'on a proposé un ventilateur destiné à entretenir dans legrenier un air assez froid pour engourdir l’Insecte et l’empêcher de se repro-duire. Ce moyen serait le meilleur de tous, si l’on pouvait à volonté entretenirun courant permanent d’air froid. Il va un autre procédé très-simple pour