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I N S K Cl T K S N É V U 01* T K II L S.
vie à l'étal parfait, ont le corps mou, long, effilé; les antennes très-petites, àtrois articles, dont le dernier est très-long et en forme de filet conique ; les ailessont toujours élevées perpendiculairement, ou un peu inclinées en arrière; lespieds sont très-grêles avec les jambes très-courtes, se confondant avec le tarse,qui n'offre souvent que quatre articles, le premier disparaissant presque; lesdeux crochets du dernier sont très-comprimés, en forme de petites palettes ;les deux pieds antérieurs sont beaucoup plus longs que les autres, presqueinsérés sous la tète, et dirigés en avant. — Les Ephémères ont fourni des ob-servations du plus grand intérêt à plusieurs naturalistes, et notamment àSwanimerdani, médecin hollandais, l'un des patriarches de l’entomologie. LesInsectes paraissent ordinairement dans le voisinage des eaux, vers le coucherdu soleil, à la fin de l'été, ou au commencement de l'automne; et quelquesheures après, on les voit tomber et mourir. Pendant, ce temps, ils ne prennentpas même de nourriture; ils voltigent en troupes nombreuses, et se balancentdans les airs en tenant écartés les filets de leur queue, comme s’ils exécutaient unesorte de danse. Bientôt après, la femelle dépose dans l’eau ses œufs, réunis en unpetit paquet, puis elle tombe à terre et périt. 11 y a des années où les Ephé-mères sont tellement nombreuses, que le sol est couvert de leurs cadavres, et quedans certains cantons on les ramasse par charretées pour fumer les terres. ÀParis même, on lésa vues quelquefois paraître en tourbillons si serrés sur lebord de la Seine , que l’air en était obscurci ; et Geoffroy raconte qu’un vent d’o-rage en jeta de nombreux essaims dans le centre de Paris , ce qui inquiéta beau-coup les habitants. Pelles qui tombent dans l’eau sont un régal pour les Pois -« sons; aussi les pêcheurs connaissent-ils bien l'époque où se montrent lesEphémères, qu’ils nomment la mnnne des Poissons .
G'est donc à juste titre que ces petits animaux ont reçu le nom d' /f plié mères.H y en a toutefois qui vivent un jour entier ; et vous vous rappelez cette fictioningénieuse des anciens qui nous représente de nombreuses générations, néesvers la fin du jour, sur les bords du Tanaïs, et se pressant, à l’ombrage d’untp-amen séculaire, autour d’un vénérable vieillard, né depuis le matin, qui leurraconte les événements de sa longue vie. Ce Nestor des Insectes plaint le pré-sent il vante le passé. Dans sa jeunesse, il voyait le soleil briller à l’horizonopposé ; à mesure qu’il s’avança vers l’âge viril, il vit le soleil s’élever dans lavoûte céleste, et embraser la terre de ses rayons; aujourd’hui l’astre déclinevers l'horizon, son disque a perdu sa chaleur et son éclat ; et le vieillard prévoitavec douleur que sa postérité sera condamnée à vivre dans des ténèbres éter-nelles.
Mais si, au lieu de vous étonner de cette existence si courte, vous tenezcompte du temps que l’animal a vécu à l’état de larve et de nymphe, vouscomprendrez que le nom d ’Éphémère ne peut s’appliquer qu’à l’Insecte parfait,et ((lie la vie de l’individu, considérée dans son ensemble, est plus longue quecelle de la plupart des autres Insectes, puisqu’elle a trois ans de durée. Leslarves sont aquatiques ; elles vivent cachées, du moins pendant le jour, dans lavase misons des pierres; quelquefois encore dans des trous horizontaux, divisésintérieurement en deux canaux réunis, et ayant chacun leur ouverture propre.Gps habitations sont toujours pratiquées dans de la terre glaise, baignée par