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second ’ ' :entre. Quand il a suivi deuxou trois tours de spirale, il s’est
forme au dedans de l’enceinte un fossé plus large et. plus profond qui entourele sable du milieu, lequel ligure un cône à sommet dirigé vers le ciel ; c’est tou-jours à la base de ce cône (pie l’Insecte emprunte le sable qu'il jette hors dutrou; et ce trou, sans cesse agrandi de haut en bas et de la circonférence aucentre, finira par vous offrir l’image d’un cône creux; le cône plein du milieua diminué d’autant, sa base s’est rétrécie, son sommet s’est abaissé par l’éboule-ment continuel des grains de sable, et il devient si petit, que sa hauteur est àpeine d’une ligne; alors quelques coups de tête suffisent pour le jeter hors dutrou, et le cône creux est complet.
Nous avons supposé que l'animal a tracé sa spirale régulièrement, et sanschanger sa direction première; mais vous pourrez remarquer qu'il abandonnequelquefois le fossé et traverse diamétralement la surface de son enceinte,pour aller creuser au côté opposé. Quelle est la cause et le but de cette évolu-tion nouvelle ? C’est que la jambe qui fait l’office de main pour entasser du sablesur sa tête se fatigue par la rapidité de ses mouvements, et qu’il veut employerl’autre jambe de la même paire : or, pour la faire travailler, a place
comme la première vers l’intérieur du trou, ce qu’il ne peut effectuer qu’enfaisant un demi-tour, et décrivant, ensuite des cercles en sens contraire ; c’estpour cela qu’il traverse le cône du sable qui lui reste à enlever, et passe del'endroit où il est à l’endroit opposé diamétralement. Quand il y est arrivé, ilrecommence ses circonvolutions en sens inverse ; mais alors la jambe qui ré-pondait à l’enceinte extérieure est la plus proche du centre de l’entonnoir, etc’est elle qui travaille à charger la tête de sable. Quelquefois l’Insecte achèveson entonnoir en vingt, à trente minutes ; quelquefois il interrompt ses travauxpour se reposer. Vous observerez qu’il travaille mieux lorsque le temps estchaud et couvert, que quand le soleil darde ses rayons sur le sable où il estcaché.
Voulez-vous mettre à l’épreuve la vigueur, l’adresse, la constance de cettelarve, et la condamner au supplice de Sisyphe , jetez dans son trou des grainsde gravier de différentes grosseurs : d’abord l’animal choisira les moins volu-mineux et les lancera hors de la fosse d’un coup de tête; mais si la pierre estd’un poids au-dessus de ses forces, il se déterminera à porter au dehors lamasse incommode qu’il ne peut y jeter: vous le verrez sortir du sable et semontrer tout entier à découvert ; il avancera ensuite à reculons, passera sonabdomen sous la pierre, et par le mouvement de ses anneaux il la conduira peuà peu vers le milieu de son dos. Le fardeau est chargé, il faut, maintenant letransporter : il monte alors à reculons le long de la pente de sa fosse, conser-vant toujours en équilibre le gros gravier, au moyen des contractions adroitesdes anneaux musculeux de son abdomen. Quelquefois, malgré tous ses effortset toute son habileté, la pierre lui échappe et roule au fond du précipice aumoment, même où il allait l’en tirer tout à fait. Mais ce premier revers ne dé-courage pas l’Insecte, et vous le verrez répéter six à sept lois de suite la mêmeinameuvre avec une généreuse persévérance. Lorsque enfin l’impossibilité dusuccès lui est démontrée, il renonce à son entreprise, change de domicile, etva chercher ailleurs un terrain plus favorable.
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