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dehors delà hase de chaque mandibule. Ce qui prouve qu'il n'est pas aveugle,,c'est que, si vous le regardez de près, il cachera ses cornes sous le sable; voireprésence même l'empêchera de travailler à son entonnoir : vous aurez beau at-tendre des heures entières, il cheminera dans le sable, mais il ne se mettra passérieusement à l’ouvrage. Eloignez-vous de son domaine, sans toutefois le per-dre de vue, vous verrez bientôt des jets de sable lancés en l’air; mais à mesureque vous vous approcherez, le nombre de jets diminuera; cependant, si vousrestez immobile, il reprendra ses travaux, et vous pourrez voir comment ilcharge sa tète de sable avec celle des jambes ( de la première paire, qui eslvers le centre du trou. Lors même que vous ne verrez pas celte ' ’ e, vous
reconnaîtrez son action par une espèce de bouillonnement dans le sable quiest au-dessus d’elle, et qu’elle pousse sur sa tète. Au reste, si la présenced’un observateur arrête quelquefois le Forinica-Leo dans ses travaux, il n’en eslpas de même quand il s’agit de faire dégringoler dans son trou un Insecte quicherche à s’en échapper : alors son instinct vorace l’emporte sur sa prudenceordinaire, et il oublie que les jets de sable peuvent déceler sa présence à sesennemis.
Pour apprécier la force étonnante des muscles du col de cet animal', jetezdans la fosse une grosse Mouche ou une Abeille à laquelle vous aurez enlevé*ses ailes; aussitê>t elle sera accrochée par le Formiea-Leo ; elle se débattra,mais son ennemi la secouera rudement, l’élèvera sans l’abandonner, et, la fai-sant retomber rapidement, il battra son corps contre le sol. Cette lutte durequelquefois un quart d’heure ; mais enfin le Formica-Leo, tout en battant lecorps de la Mouche, ne laisse pas de la sucer un peu; et quand il l’aura misehors d’état de s’agiter, il achèvera de la sucer à son aise. — C’est toujoursune proie vivante qui sert à sa nourriture : la Mouche la plus grasse que vousviendrez de tuer à l’instant même ne le tentera pas; il semble que son appé-tit ait besoin, pour être stimulé, d’un combat, d’une lutte quelconque. Mais cequ’il y a peut-être de plus merveilleux dans l’histoire du Formica-Leo, c’estl’organisation des crochets qu’il enfonce dans le corps de ses victimes. Nousvous avons dit qu’ils servaient à la fois de mandibules et de suçoirs ; vouspouvez vérifier cette assertion par vous-même ; nous 11e vous demandons pourcela qu’un peu de patience. Quant à l'adresse, nous y comptons. Prenez doncun Formica-Leo, en tenant son abdomen entre vos doigts; observez ses man-dibules avec une simple loupe, vous remarquerez qu’elles sont plus largesqu'épaisses ; leur face supérieure est arrondie et n'offre rien de particulier;mais le long de la face inférieure, qui est creusée d’un canal, il règne un cor-don qui a quelque relief. Ce cordon est mobile, et ne fait point corps avec lereste, ce dont vous pourrez vous assurer en passant entre lui et le crochet lapointe d’une line épingle; vous le déboîterez dans toute sa longueur; pour voirmaintenant les fonctions et l’usage de ce cordon, prenez un Formica-Leo quiaura jeûné pendant quelques jours, placez entre ses cornes l’abdomen d’uneMouche de fenêtre, bien grasse, elle sera bientôt percée, et vous verrez parquel mécanisme le Formica-Leo la suce : le cordon logé dans la rainure ducrochet opère des mouvements rapides et continus; il est alternativement al-longé en avant et ramené en arrière avec une extrême vitesse. Ce cordon esl