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donc un véritable pistou qui amène dans l'intérieur de la corne le suc du corpsde l’Insecte que cette corne a perforé. Quant aux muscles qui font mouvoir cepiston, vous pouvez distinguer au-dessous de la tète, plus en arrière que l’o-rigine des cornes, deux parties membraneuses dont chacune a des mouvementscorrespondant à ceux du piston qu elle avoisine ; lorsque le piston se raccour-cit, la membrane s’élève et se gonlle; lorsqu'il s’allonge en avant, la mem-brane s’aplanit et même se creuse un peu. C’est sous chacune de ces partiesmembraneuses que se trouvent les muscles qui font jouer les pistons.
.Nous ne Unirions pas s il fallait détailler toutes les merveilles renferméesdans les mandibules du Formica-Leu. Nous vous ferons remarquer que le pistonest lui-mème creusé d’une gouttière longitudinale. Si vous coupez en traversune corne dont le piston est en place, vous verrez plusieurs gouttelettes d’eauparaître sur le bord de la coupe ; cette eau enlevée, vous distinguerez des chairsblanches dans la cavité : ces chairs doivent laisser passer des liquides par leursinterstices, car si vous pressez entre vos doigts la base d’une corne de Formica-Ceo, ou même sa tête, vous verrez une gouttelette d’eau très-claire sortir par lapointe de chaque corne. Cette eau est tout à fait sans saveur, et quelques natu-ralistes ont soupçonné qu’elle passe de la tête dans l’intérieur des cornes pourentrer dans les chairs de l’animal percé par les crochets du Formica-Leo, et aug-menter la fluidité des sucs que celui-ci veut en extraire. Nous trouverons bien-tôt un phénomène analogue dans l’histoire des Papillons.
Ca larve du Fourmi-Lion vous est bien connue; il vous reste à connaître lanymphe, qui vit renfermée dans une coque de soie. Vous pourrez voir, sur leFormica-Leo, rinslrumentqui ourdit cette trame si line : pressez-lui l'abdomen,vous ferez paraître à son extrémité une petite masse, du milieu de laquellesortira un tuyau charnu et blanc; en redoublant la pression, vous forcerezun second tuyau de couleur brun-clair à se dégager du premier, où il est ren-fermé par un mécanisme analogue à celui d’une lorgnette; près de son bout,est un étranglement, après lequel il se termine par mie espèce de petite têtetaillée en bec de plume. Ce bec est percé pour donner passage à une liqueurvisqueuse, qui doit, en se desséchant, former les fils dont sera ourdie la coquede la nymphe. Les tuyaux charnus sont la filière où se moule la liqueur destinéea devenir soie, et ces mêmes tuyaux sont l’instrument ou l'espèce de main quiarrange les fils de soie, et en construit une coque. Quand le Formica-Leo veutfaire sa coque, ce qui arrive au milieu de l’été, il s’enfonce plus avant sous lesable; si, vers cette époque, vous cherchez au-dessous des vieux entonnoirs,précédemment habités par l'Insecte , vous y trouverez de ces coques; vous lesprendrez d’abord pour des pelotes de sable; mais, en les pressant légèrement,vous sentirez que ce sont des boules creuses. Un examen attentif à l’œil nu vousmontrera que chacune de ces boules se compose de grains de sable attaches lesuns aux autres par de faibles liens; et vous verrez, avec une loupe, que n sliens sont des fils de soie très-lins. Ouvrez la boule avec des ciseaux; elle vousmontrera des parois intérieures tapissées d’un satin blanc luisant et lisse; celteboule est occupée par la nymphe, dont le dos voûté n’a rien à craindre du frot-tement de la tapisserie soyeuse qui l’abrite. Vous y trouverez la dépouille de lalarve, avec son crâne et ses cornes; la nymphe l’a fendue par ledos.