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Deuxieme partie.
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INSECTES H Y.\IK.N 01* T K ItE S. «7

Ics plus redoutables, dont le corps ne pourra passer par les trous du gril-lage. Si vous avez sous les yeux un fourreau de Frigane fermé par les deuxbouts, vous pourrez sans peine reconnaître les mouvements respiratoires de lanymphe, parle va-et-vient des plaques flexibles, qui deviennent alternativementconcaves et convexes, à mesure que l’eau est inspirée et expirée. Vous remar-querez enfin que les fourreaux grillés sont attachés fixement au fond de l'eaucontre quelque corps; la larve commence toujours par là avant de se renfermerentre ses deux grilles. A quoi lui servirait, en effet, que son étui fût mobile,puisqu’elle n’a plus besoin d’aller chercher des aliments ?

Les nymphes des Friganes sont d’un jaune citron; on distingue, à travers lapeau qui les couvre, toutes les parties qu’elles doivent avoir sous leur dernièreforme. Leur tête, qui est assez petite, offre une singularité : c’esL une espèce debec formé par deux crochets, placés de chaque côté de la tète, et dont elles seservent pour déchirer une des portes grillées de leur fourreau, lorsqu’elles sontprêtes à en sortir pour se métamorphoser. C’est ordinairement quinze ou vingtjours après le changement de la larve que cette métamorphose s’opère, et tou-jours hors de l’eau. A cette époque, la nymphe quitte son fourreau, et va cher-cher un endroit sec; là, elle reste tranquille trois ou quatre minutes, au boutdesquelles paraît l'Insecte parfait, qui est bientôt en état de faire usage de sesailes.

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Dans les trois ordres d'insectes que nous avons étudiés, vous avez eu mainteoccasion d’admirer les ressources que chaque espèce a reçues de la naturepour suffire à ses besoins; mais, à part les Termites qui vivent en société,et quelques Coléoptères, tels que les Nécrophores et les Bousiers, qui se portentmutuellement assistance, vous avez pu voir que chaque individu exerce son in-dustrie pour son bénéfice particulier, et ne travaille que pour assurer l’avenirde sa postérité. L’ordre des Hyménoptères va vous montrer l’instinct de la so-ciabilité développé au plus haut degré, et vous faire comprendre, sinon me-surer, l’immensité de ce grand livre de l’histoire naturelle, dont quelques pagesà peine sont remplies, et qui ne sera pas encore écrit en entier dans des mil-liers d’années.

Les Hyménoptères confirmeront encore une fois pour vous la vérité de la bellepensée de Linné , que nous avons souvent déjà citée : La Nature ne marche pointpar sauts (Natura non facit sallum). En effet, ces Insectes établissent le passageentre les broyeurs et les suceurs; ils ont, comme les Coléoptères, les Orthoptères et les Névroptères , un labre, une lèvre, des mandibules et des mâchoires, maisles mâchoires et la languette se sont considérablement allongées; les deux mâ-choires forment par leur ensemble un tube qui engaine longitudinalement lescôtés de la languette, de façon que ces organes réunis en faisceau constituent unetrompe ou siphon, qui sert de conduit aux aliments, toujours mous ou liquides,dont ces Insectes se nourrissent : cette trompe est mobile à sa base, et flexible