Band 
Deuxieme partie.
Seite
446
JPEG-Download
 

IN SEC TES IIWMENOPTEHES.

Uti

l)lic; haine vigoureuse des travailleurs pour les oisifs, et extermination deceux-ci; légitimité fondée sur le principe de la souveraineté nationale; affec-tion dévouée, sans être aveugle, pour le chef de l’Etat ; abnégation des individusau ‘a chose publique; application constante, et souvent rigoureuse, de

la maxime qui établit que le salut du peuple est la suprême loi; attachementinaltérable au lieu natal; horreur de l’invasion étrangère, et vigilance infati-gable aux portes de la cité; admirables précautions contre l'anarchie qui résul-terait de la vacance du trône : voilà quelques-unes des conditions du contrat so-cial que les Abeilles exécutent ponctuellement depuis la création du monde. CesInsectes étaient, chez les Égyptiens, l’emblème hiéroglyphique de la royauté ;mais vous pourrez vous convaincre, en les étudiant, que si leur état est unemonarchie, c’est celle-là surtout qui mérite d’être appelée la meilleure des ré-publiques.

Jetez un premier coup d’œil sur la ruche, vous verrez, si le temps est beau,une foule laborieuse se presser sans désordre devant la porte qui lui sert d’en-trée ; ne vous alarmez pas du bourdonnement qui vous entoure, approchez sanscrainte, surtout, si le fermier vous accompagne ; ces animaux, habitant un en-droit fréquenté par l’honnne, se sont familiarisés avec lui; il suffira que vosmouvements soient doux et modérés, et que vous gardiez le silence : si une ouplusieurs Abeilles viennent se poser sur vous, et que cela vous contrarie, con-tentez-vous de souiller sur elles; elles n’aiment point l’air qui sort de nos pou-mons, et elles s’éloigneront aussitôt. Une secousse brusque peut les irriter ; si lapeur vous faisait faire des soubresauts, les Abeilles les prendraient pour des hosti-lités. Voulez-vous avoir une carte d’admission qui vous fasse reconnaître pourun ami de la république; prenez en main une cuillerée de miel, et approchez-vous hardiment de la ruche, le visage découvert et les mains nues; des milliersd’Abeilles accourront, et pas une ne vous piquera ; vous pourrez, en récompensede la gratification que vous leur accordez, observer de près l’entrée de leur do-micile : les unes arrivent de la campagne chargées de matériaux et de provi-sions, au point qu’elles peuvent à peine voler ; les autres sortent avec ardeur dela niche et prennent l’essor pour aller faire des récoltes semblables à cellesque rapportent leurs compagnes ; celles-ci ne prennent même pas toujours lapeine de rentrer dans la ruche pour y déposer leur fardeau; il y a, devant l’en-trée, des porteurs officieux qui les en débarrassent lestement, et leur permet-tent de retourner aux champs. Que vont-elles y faire? c’est ce que vous pour-rez vérifier vous-même à l’instant : allez aux (leurs les plus voisines, vous ytrouverez des Abeilles ; les végétaux à corolles creuses, qui sont, comme vous lesavez, les plus riches en nectar, les bruyères, les rosacées, le sarrasin, sont lesmagasins où l’Abeille va picorer; vous pourrez la voir avec sa petite trompe,lécher et pomper avidement le sirop qu’elle y trouve; vous la verrez aussi re-cueillir le pollen des étamines, il en adhérera des grains aux poils de son corps;ses pattes surtout en seront toutes gonllées, et quand elle en aura sa charge,elle s’en retournera diligemment vers la ruche. Vous aurez peut-être occasionde remarquer que dans certains moments aucune Abeille ne sort, et que cellesqui étaient aux champs arrivent en foule et se hâtent de rentrer ; levez la tête,et vous verrez la cause de cette retraite précipitée : un nuage pluvieux s'ap-