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Deuxieme partie.
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F A M 11. L E I) E S M E L L 1F È li E S.

proche, il n’a pas encore voilé le soleil, cependant les Abeilles ont prévu seseffets et se sont mises à l’abri : il ne leur a fallu pour cela que quelques mi-nutes, car leur vol est rapide, et leurs excursions n’ont jamais plus d’une demi-lieue de rayon.

C’est maintenant l’intérieur de ces ruches qui doit exciter votre curiosité : ilserait dangereux de les soulever pendant que les Abeilles y sont réunies; ellescroiraient que vous voulez enlever leur progéniture; elles se jetteraient parmilliers sur vous avec fureur, et votre vie serait menacée. Les exemples demort produite par les piqûres multipliées des Abeilles ne sont malheureuse-ment pas rares. Nous ne vous en citerons qu’un petit nombre. Le curé d'unepetite paroisse de Savoie avait réuni chez lui quelques amis : à la fin du dîner,il voulut leur faire goûter du miel de ses Abeilles; et sans prendre de précau-tions, il ouvrit précipitamment une de ses ruches; les Abeilles se jetèrent sursa tête et sur ses mains; au bout de deux heures, la moitié de son corps étaitparalysée; trois jours après, il mourut dans les souffrances les plus cruelles. —Les animaux sont exposés comme l'homme à la fureur des Abeilles : uneJument qui paissait près d’une ruche, ayant reçu quelques piqûres, fit uneruade (pii envoya la ruche à dix pas : aussitôt les Abeilles se jetèrentsur la Jument, que personne ne put approcher ; les ronflements plaintifs quelui arrachait la douleur faisaient frémir tous les assistants : le lendemain ellegisait sur le sol, enflée comme un ballon ; son col et sa tète étaient horribles ;elle poussait de longs soupirs, et elle mourut le second jour. — En 1758, dansla guerre de Hanovre , un piquet de cavalerie française fut placé dans un vergeroû il y avait des Abeilles. Un cheval renversa des ruches, les Abeilles se jetè-rent sur les hommes, qui s’enfuirent ; plusieurs Chevaux furent piqués au pointqu’ils en étaient aveuglés, et se heurtaient la tète contre les arbres et les murs;il en mourut quinze, ce qui fit, dit l'historien, une certaine sensation dans lerégiment, parce qu’à celte époque les Chevaux étaient à la charge des capitai-nes.— Voici un exemple moins tragique de la puissance des Abeilles : dans uncombat d’avant-poste, des tirailleurs atteignirent des ruches; des myriadesd’insectes furieux sortirent, et les deux partis s'enfuirent chacun de son côté.

Ces citations augmentent votre prudence sans diminuer votre curiosité : ilfaut donc la satisfaire en demandant an cultivateur à voir une ruche vide; sison rucher est un peu considérable, il en aura probablement quelqu’une àvous montrer; il pourra même, sans danger, si l’une des ruches habitées estmédiocrement peuplée, si la température est peu élevée, et si la presque totalitéde la nation est aux champs, coucher cette ruche sur le côté, et vous en faire exa-miner l’intérieur. Vous voyez alors qu'une grande partie de la cité des Abeillesest remplie par des espèces de cloisons verticales, attachées an sommet, etlibres par leur bord inférieur. Ces cloisons suspendues sont parallèles les unesaux autres, et chacune d’elles est séparée de sa voisine par un espace au moinsassez large pour que deux Abeilles y puissent passer à la fois. Ce sont les ruesde la cité; ces rues communiquent ensemble par des passages pratiqués dansl’épaisseur des cloisons. Ces cloisons, nommées gâteaux ou rayons, portent surleurs deux faces des milliers de cellules ou alvéoles, dirigés horizontalement(c’est-à-dire que leur axe est perpendiculaire à la cloison'. Ces alvéoles sont en