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ciré. Lu cire n'est [jus, comme le pensaient les anciens naturalistes, du pollenélaboré par la digestion; car on a expérimenté que les Abeilles nourries avecdu pollen seulement n’en fournissent pas; au contraire, les Abeilles auxquelleson donne du miel en sécrètent une quantité abondante. Comment le miel ouïesucre ont-ils pu se changer en cire? ceci est une question insoluble, commetoutes celles qui ont rapport aux métamorphoses que subissent les liquides dansles organes glanduleux des êtres organisés. Le mécanisme des sécrétions estle grand mystère de la physiologie; mais si le sucre ne se convertit pas encire, tout annonce qu’il est le stimulant de l’appareil qui la sécrète.
Passons à l’aiguillon dont l’abdomen est armé. Il se compose d’une base, d’unélui et de deux stylets constituant un dard. La base est formée par huit pièces,quatre de chaque côté, réunies entre elles par des membranes très-résistantes.L’ensemble de ces pièces constitue une sorte d’enveloppe qui, par sa face con-vexe ou externe, est adhérente au dernier segment de l’abdomen, tandis ([liepar sa face interne ou concave elle entoure \'étui. L’étui est une tige de consi-stance cornée, offrant à sa base un renflement nommé talon, et diminuant pro-gressivement jusqu’à son sommet ou extrémité libre, qui est très-aiguë; cetélui ne forme pas un cylindre complet : une bonne loupe vous fera voir qu’il estcreusé inférieurement d’une gouttière parcourant toute sa longueur, et servantà loger ce dard.
Le dard est composé de deux stylets longs et déliés, qui ne remplissent pas,a beaucoup près, l’intérieur de l’étui, mais qui y sont reçus comme le couvercled’une boîte à coulisse dans les deux rainures où il glisse. Chacun de ces styletss’adosse à son correspondant au moyen de sa face interne, qui est plane et par-courue dans toute sa longueur par un léger sillon dont vous connaîtrez bientôtl’usage ; leur extrémité libre ou sommet est très-aiguë et garnie en dehors depetites dents dirigées vers la base. Les deux stylets 11e sont cependant pas acco-lés dans toute leur longueur; ils se séparent près du talon, et, à partir de cepoint, leur divergence devient d’autant plus sensible, qu’on les observe [dusprès de leur naissance. Ils décrivent ainsi la moitié d’un ovale, et finissent ens’articulant avec les pièces cartilagineuses qui constituent la base de l’aiguillon.
Swammerdam , Réaumur et les autres observateurs avaient cru que les sty-lets, après s’être écartés l’un de l’autre, n’étaient plus accompagnés par l’étui,et que celui-ci se terminait au renflement nommé talon. Audouin, professeurau Jardin du Roi, a reconnu que l’étui, à partir de son talon, se comporte dela même manière que les stylets, c’est-à-dire qu’il fournit deux branches quisuivent le même trajet que celles du dard, et que chacune d’elles est creuséed’une rainure qui sert de fourreau à la branche correspondante du dard.Ainsi l’étui se bifurque depuis son talon jusqu’à la base de l’aiguillon, et lestiges des stylets, soit réunies, soit divergentes, ont toute leur longueur logéedans un fourreau sur lequel elles peuvent glisser, c’est-à-dire avancer ou ré-trograder, suivant la volonté de l’animal.
La structure de l’aiguillon vous étant connue, vous allez comprendre le jeudes diverses parties qui le composent : lorsque l’Abeille veut piquer, elle porteson arme en dehors de l’abdomen, en contractant à diverses reprises les mus-cles qui la fixent au dernier anneau ; les libres charnues de la buse entrent