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paille ne laissent point pénétrer la lumière à travers leurs parois. Les anciensTaisaient des ruches dont les parois étaient construites avec du mica, ou autrespierres translucides. Pline nous apprend qu'un sénateur romain en avait l'ailconstruire de la corne la plus transparente. Ce n’est qu’au commencement dusiècle dernier qu’on a imaginé de loger les Abeilles dans des ruches vitrées,c'est-à-dire dans des ruches dont l’extérieur, qui est tout de bois, a des volelsqu’on peut ouvrir, et derrière chacun desquels est un grand carreau de verrequi permet de voir les Abeilles au travail comme si elles étaient à découvert. Lescarreaux ne se salissent que lentement, et, lorsqu’ils commencent à s’obscurcir,il y a des moyens de les lever et de les nettoyer. An travers de ces carreaux unobservateur peut considérer les Abeilles à toutes les heures du jour, et dansloutes les saisons de l’année, sans les troubler et sans les inquiéter.
Eu voyant l’intérieur d’un de ces ateliers, où se fabriquent la cire et le miel,vous ne vous lasserez pas d’admirer ces rayons construits avec tant de régula-rité, ces innombrables cellules, ces milliers d’Abeilles, dont les unes travaillentavec ferveur, et dont les autres, réunies en grappes suspendues, prennent le re-pos qui leur est devenu nécessaire. Les arrangements des Abeilles tranquillesqui forment ces groupes sont de figures différentes, el souvent très-singulières.11 y a des Mouches qui, au lieu de se grouper en massif épais, sont disposées enchaînes ou en guirlandes : chaque Abeille est accrochée par les deux jambesantérieures, ou par une seule, à une des deux jambes, ou aux deux jambes pos-térieures de celle qui la précède; ainsi, la première est chargée du poids detoutes celles qui lui sont inférieures.
Mais les ruches vitrées ordinaires ne pourront vous satisfaire, si vous ne vouscontentez pas du spectacle d’Abeilles très-occupées à différents travaux, et sivous désirez voir nettement chaque sorte de travail et chaque opération. Dansces ruches, en effet, les manœuvres que vous voudriez suivre se font trop loinde vos yeux, et à des endroits trop peu éclairés. Tout vous semblera tumul-tueux et confus, quoique tout se passe avec beaucoup d’ordre. L’Abeille sur la-quelle vous aurez fixé vos regards, et que vous voudrez observer pendant tout letemps qu’elle travaille, sera bientôt cachée par d’autres qui [tassent sur soncorps, eu se plaçant devant elle. Réaumur avait obvié à ces inconvénients enconstruisant des ruches vitrées de forme carrée, très-aplaties, posées vertica-lement, hautes de vingt-deux pouces, larges de deux pieds, et n’ayant ([lie quatrepouces et demi d’épaisseur; chaque surface large de celte ruche était vitrée.Un des montants du châssis, tourné vers le nord, était percé de plusieurs trouspour l’entrée et la sortie des Abeilles. Cette ruche étant très-mince, il restaitpeu d’espace entre les deux carreaux opposés. Les Mouches, logées dans unepareille demeure, étaient absolument dans la nécessité de placer leurs gâteauxà peu près parallèlement aux carreaux de verre, et le peu d’espace qui restaitentre les deux faces ne permettait aux Abeilles que de faire deux gâteauxparallèles l’un à l’autre: il s’ensuivait que les Abeilles ne pouvaient travaillerà faire des gâteaux, à les allonger ou à les élargir, sans être tout près duverre. Quelques manœuvres qu’elles fissent dans les cellules extérieures desgâteaux, on était toujours à portée de les voir; enfin, le gros des Abeilles étaitoblige de s’étaler beaucoup [dus dans une pareille ruche qu’il ne s’étale dans