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Deuxieme partie.
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FAMILLE «lis \l 1.1. Il 1 i: lits

i.V»

les nielles ordinaires. Mais si les ruelles (dates, <jiii ne renferment que deuxgâteaux parallèles, sont plus favorables à l’observateur que les ruches ordi-naires, qui en contiennent huit ou dix, vous comprendrez que ces mêmesruches plates sont encore très-imparfaites, puisqu’il y a deux rangs de gâteauxparallèles, et ([lie tout ce qui se passe entre ces gâteaux échappe à l'observation.

Voilà pourquoi Charles lîonnct, célèbre philosophe de Genève , conseillait auxnaturalistes de se servir de ruches beaucoup plus plates, ou dont les verresfussent tellement rapprochés l'un de l’autre, qu’il ne pût y avoir entre euxqu’un seul rang de gâteaux. Ce fut alors que François Iluber, compatriote deRonnet, fit faire des ruches vitrées de dix-huit lignes d'épaisseur seulement;mais cet ingénieux observateur pensa que les Abeilles, étant instruites par lanature à bâtir des gâteaux parallèles, ne dérogeraient pas à cette loi, à moinsqu’on ne les y forçât par une disposition particulière; que, ne pouvant con-struire deux gâteaux parallèles au plan de la ruche, c'est-à-dire en sens ver-tical, elles en construiraient plusieurs petits horizontalement, c'est-à-dire per-pendiculaires à ce plan, et qu’alors tout ce qui se passerait entre les gâteauxserait perdu pour l’observateur; il conclut de là qu’il fallait les arranger d’a-vance. Il en plaça des fragments de manière que leur plan fût bien perpendLciliaire à l’horizon, et que leurs deux surfaces fussent, des deux côtés, à troisou quatre lignes des vitres de la ruche. Cette distance laissait aux Abeilles uneliberté suffisante pour leurs mouvements, mais elle leur ôtait celle de former,en s’accrochant, des grappes ou des massifs trop épais sur la surface des gâteaux.A l’aide de ces précautions, les Abeilles s’établirent facilement dans des ruchesaussi minces; elles y firent leurs travaux avec la même assiduité et le mêmeordre, et toutes les cellules, sans en excepter une seule, étant à découvert, lesAbeilles ne purent cacher aucun de leurs monx’emenls.

Mais Iluber réfléchit qu’en obligeant ces Mouches à se contenter d’une ha-bitation où elles ne pouvaient construire qu’un seul rang de cellules, il avaitjusqu’à un certain point changé leur position naturelle, et que cette circon-stance pourrait plus ou moins altérer leur instinct. 11 imagina donc une formede ruche qui, sans perdre l’avantage de celles qui sont très-minces, se rap-prochât beaucoup plus de la forme des ruches ordinaires, où les Abeilles con-struisent plusieurs rangs de gâteaux parallèles, et il donna à ce genre de ruchele nom de ruche en lirre ou en feuillets. Iîien de plus simple que la structurede cet appareil. 11 se compose de douze châssis de sapin, d’un pied, en carre,et de quinze lignes d’épaisseur; ces châssis sont joints ensemble par des char-nières, de manière à pouvoir s’ouvrir et se fermer à volonté, comme les feuil-lets d’un livre, dont le dos est représenté par les parties qu’occupent les char-nières. Les deux châssis extérieurs sont couverts par des carreaux de verre,qui représentent la couverture du livre. Pour employer les ruches de cetteforme, il suffit de fixer un fragment de gâteau dans le plan de chacun deschâssis, et d’y introduire ensuite des Abeilles; puis, en ouvrant successivementles divers châssis, on peut inspecter plusieurs fois tous les jours chaque gâ-teau sur ses deux surfaces, et il n'y a pas une seule cellule où l’on ne puissesuivre à chaque instant ce qui s’v passe; pas une seule Mouche que l'on nepuisse connaître particulièrement. En résumé, cette construction n’est autre