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Iluber allait enfin recueillit' le fruit (le son ingénieuse persévérance : lesAbeilles se disposaient à sculpter sous ses yeux, o et ce 11e fut pas, dit-il, sansune sorte d’émotion que nous les vîmes donner les premiers coups de ciseauau bloc qui venait d’être construit sur la tringle. » Ce bloc, au lieu d’être sus-pendu comme sous la cloche de verre, s’élevait perpendiculairement: c’était unpetit mur, long de six lignes, liant de deux lignes, épais d’une demi-ligne ; sonbord était arqué et ses faces raboteuses. Bientôt on vit une Ouvrière, de la castedes nourrices, quitter la grappe qui pendait entre les rayons, monter sur latringle, où les cirières avaient posé les matériaux qu’elles avaient retirés de des-sous leurs écailles, tourner autour du bloc, et, après avoir visité ses deux faces,se fixer sur celle qui était du côté des observateurs ( nous appellerons par con-vention cette face du bloc, face antérieure, et celle du côté opposé, face posté-rieure). L’Ouvrière se plaça donc le long delà face antérieure, de manière quesa tète répondait au milieu du bloc ; elle la remuait avec vivacité; ses mandi-bules agissaient sur la cire et enlevaient des fragments de manière à former unepetite cavité de la largeur d’une cellule ordinaire: c’était une espèce de canne-lure dont elle rendait les bords saillants par l’accumulation des particules decire qu’elle avait broyées et humectées. Après quelques instants de travail, l’A-beille s’éloigna; une autre vint continuer son ouvrage; une troisième, une qua-trième, une vingtième, vinrent successivement approfondir la cannelure, re-hausser et rectilier les bords latéraux à l’aide de leurs mandibules et de leurspattes antérieures.
Quand le travail fut arrivé à ce point, une Abeille sortit de la grappe desOuvrières, lit le tour du bloc, et choisit la face postérieure pour l’objet de sestravaux; une autre Ouvrière vint presque en même temps travailler vis-à-visde celle-ci. du même côté, et chacune des deux commença à creuser unecannelure; bientôt, elles cédèrent la place à plusieurs Ouvrières qui contri-buèrent tour à tour, et séparément, à compléter les cannelures ébauchées parles deux premières. Ces deux cavités, adjacentes et séparées l'une de l’autrepar le rebord commun formé de l’amas des cules de cire tirées de leurinférieur, étaient adossées, chacune pour moitié, à la cannelure primitive creu-sée sur la face opposée, cannelure qui répondait par son milieu au rebordséparant les deux autres.
Tandis que les trois Ouvrières nourrices travaillaient à approfondir leurexcavation, 011 vit des Cirières s’approcher du petit bloc, tirer de dessous leursécailles des plaques de cire, les appliquer sur le bord arqué du bloc, et en aug-menter la longueur en même temps que la bailleur.
Bientôt, ce nouveau terrain fut exploité, et sur la face postérieure, au-dessusdes deux cannelures, qui étaient un peu moins allongées que la première, uneAbeille vint commencer une cavité qui correspondait à la partie supérieure dela cannelure primitive. Les Ouvrières, en creusant la cannelure isolée de la faceantérieure et les deux cannelures du côté opposé, les avaient bordées à droiteet à gauche par de petites saillies ou arêtes verticales, destinées à servir debase aux pans verticaux des alvéoles. Bientôt, elles bordèrent également ensaillie l’extrémité arquée de ces cannelures, puis ce rebord cintré fut modifié :au lieu d'un arc, on vit s’élever des arêtes formant, l’une sur l’autre, un