Band 
Deuxieme partie.
Seite
464
JPEG-Download
 

Wi

INSECTES 11 Y M ÉN0 1*TÈIIES.

du second rang el des suivants eurent six pans correspondant aux six arêtesdes trois rhombes qui constituaient leur fond ; mais dans ce travail les Abeillesdurent tenir compte de l’inégalité qui existe dans les arêtes formant le bord dufond de l’alvéole, inégalité qui produit trois saillies et trois enfoncements pourles fonds pyramidaux: il fallut qu’elles commençassent à suppléer à ce quimanquait au contour, en ajoutant plus de cire sur les arêtes les moins élevées,qu'elles n’en niellaient sur les plus saillantes.

Iluber avait forcé ses Abeilles à sculpter leurs cellules île bas en haut; il vou-lut voir si elles agiraient de la même manière dans la direction opposée, qui estleur direction naturelle; il fit pour cela construire une ruche dont leétait composé de lames de verre et de bandes de bois placées alternativementdans un plan horizontal; le verre permit de voir les Abeilles travailler sur lestringles, et ces tringles, pouvant d’ailleurs se lever à volonté, montrèrent àl’observateur que la marche des opérations, en descendant comme en montant,était toujours la même; seulement les travaux de liant en bas produisirent desrésultats plus rapides. La célérité de ces architectes est souvent presque in-croyable : on les a vus construire en trois jours un gâteau de deux pieds carrés,ce qui fait quatre mille cellules par jour; mais alors les cellules ne sont pastoutes complètes. Celles qui occupent les limites du gâteau ne sont encore qu’é-bauchées ; plus tard elles s’élèvent au niveau des cellules supérieures. Cepen-dant, lorsque tout paraît achevé, il reste à mettre la dernière main à l’oeuvre,et l'on voit les petites Ouvrières entrer dans chaque alvéole pour en polir et ra-boter les parois ; elles encadrent de propolis les pans et les orifices des cellules;elles remplacent aussi par cette matière, comme nous vous l’avons déjà dit, lepremier rang de cellules. Si, malgré ces précautions, un gâteau se détache dudôme de la ruche, elles construisent sur ce gâteau de nouvelles cellules jusqu’àce qu'il ait atteint la partie supérieure, ou bien, si la saison des fleurs est passée,elles assujettissent par le bas avec de vieille cire, non-seulement ce gâteau,mais encore tous les autres, comme si, averties par cet accident, elles vou-laient prévenir tous ceux du même genre. Est-ce là de l’instinct ou de l’intel-ligence ?

Nous avons cherché à vous expliquer l’architecture des Abeilles, architecturedont les travaux ont été merveilleusement distribués entre les ciricres et lesnourrices, puisque les unes élaborent la cire, la pétrissent et posent les fonde-ments de l’édifice, et que les autres, qui ne sécrètent pas la cire, ont seules lafaculté de la mettre en oeuvre pour sculpter les cellules; mais ces détails méca-niques, par lesquels nous avons dû commencer l’histoire des Abeilles, en sontla partie la moins dramatique, elles faits qu'il nous reste à vous raconter vontvous s ' e et vous intéresser bien davantage.

Quand les alvéoles sont construits, à mesure même qu’ils se construisent, laReine commence sa ponte. C’est alors surtout que les Ouvrières lui prodiguentleurs hommages : elles la caressent de leurs antennes, la frottent et la nettoientavec leur trompe, lui présentent de temps en temps une goutte de miel qu’ellesont dégorgé, et forment autour d’elle des cercles réguliers. La Heine parcourtles gâteaux, regarde, palpe avec ses antennes les cellules sur lesquelles ellepasse, y enfonce profondément son abdomen, lorsqu’elle les trouve vides, et le