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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES M El. Ll FEUE S.

relire après y avoir déposé un œuf, qu’elle colle par un de ses bouts au fond del’alvéole. Si, pressée par le poids de ses œufs, il lui arrive d’en laissertomber plusieurs dans le même alvéole, les Ouvrières ont soin d’enlever et dedétruire ces œufs surnuméraires. Pendant le premier été, celte ponte n’est pastrès-nombreuse, et ne se compose que d’œufs d’Ouvrières; elle continue demême pendant l’automne et reste suspendue pendant le froid de l’iiivcr ; maisau printemps suivant, la fécondité de la Heine devient prodigieuse, et elle peutpondre alors jusqu’à douze mille œufs dans l’espace de trois semaines. Ce n’estque vers l’âge de onze mois qu’elle commence à donner des œufs de Faux Bour-dons , lesquels sont déposés dans les cellules qui leur conviennent ; vingt joursaprès celte ponte commencée, et pendant les dix derniers jours du douzièmemois, les Ouvrières, voyant leur Reine pondre des œufs de Faux Bourdons , con-struisent des cellules royales dans différentes parties de leurs gâteaux, vers lebas ou le milieu ; les Reines y déposent des œufs royaux sans discontinuer laponte des œufs de Faux Bourdons . Notez bien que la Reine laisse un intervallede deux jours entre chaque ponte d’œuf royal, afin que les jeunes Reines quidoivent en sortir n’éclosent pas toutes en même temps. Ces œufs sont oblongs,un peu courbés, d’un blanc bleuâtre, et ne diffèrent en rien de ceux d’où nais-sent les simples Ouvrières.

Trois jours après la ponte, les Vers éclosent; ce sont de petites larves blan-ches, privées de pattes; alors les Ouvrières Nourrices leur prodiguent les soinsles plus tendres et les plus vigilants : le miel et le pollen qu’elles ont récoltés etdont elles ont garni les cellules supérieures de la niche sont élaborés dans leurestomac et forment une espèce de bouillie qu’elles vont distribuer régulière-ment à leurs nourrissons ; elles se tiennent le corps courbé sur l’orifice descellules, comme si elles couvaient l’animal qui y est renfermé: de là le nom decouvain donné aux œufs des Abeilles.

La bouillie que dégorgent les Nourrices diffère suivant l’âge des larves : d’abordinsipide et blanchâtre, puis légèrement sucrée et transparente, d’une couleurjaune-verdâtre, elle devient ensuite très-sucrée; la quantité de cette bouillie estsi exactement proportionnée au besoin du Ver, qu’il la consomme toujours enentier. Elle varie non-seulement suivant les âges, mais encore suivant les sexes :les Faux Bourdons , qui sont les mâles de l’espèce, et les Ouvrières, qui sont desfemelles non développées, reçoivent une nourriture analogue; mais la bouilliedestinée aux larves royales est une gelée épaisse, nutritive, succulente, sucrée,qui leur est servie en bien plus grande quantité ; c’est à la nature et à l’abondancede cette alimentation, ainsi qu’à la dimension de sa cellule, que la larve royaledoit sa fécondité. Les Ouvrières deviendraient fécondes comme elle, si ellesétaient soumises au même régime; vous en verrez bientôt des exemples.

Cinq jours après son éclosion, la larve d'ouvrière est renfermée dans sa logepar les Nourrices , au moyen d’un couvercle de cire; elle file alors autour de soncorps une coque de soie, ce qui lui coûte trente-six heures de travail ; trois joursaprès, elle se métamorphose en nymphe et passe sept jours et demi sous cetteforme ; à cette époque elle ronge le couvercle de son alvéole, déchire l’enveloppequi la retient, et sort à l’état d’insecte parfait. Les Nourricesaussitôll’entourent,et pendant que les unes nettoient sa loge afin qu’elle soit propre à recevoir un

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ii.