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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES MELE I EÈ 1( E S.

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par l'agitation qu’elle y a excitée, et qui lie se calme plus ; bientôt le trouble estgénéral : les Abeilles ne forment plus le cercle autour île leur souveraine; ellesne lui offrent plus de miel, elles ne songent qu’à la suivre, et leurs mouvementstumultueux font monter la température au point quelles ne peuvent plus sup-porter la chaleur intérieure de la ruche, qui, de vingt-sept degrés passe su-bitement à treille-deux. La foule alors se précipite confusément vers les portesde la cité ; et la Reine mère, une fois sortie, s’éloigne avec les Faux Bourdons etles Ouvrières, pour aller fonder ailleurs une colonie : cette colonie se nommeun essaim. On 11e voil jamais se former d'essaim que dans un beau jour, quandle soleil luit et que l’air est calme : lors même qu’on observe sous une ruchel’agitation, le désordre et tous les signes avant-coureurs du jet, il suffit qu’unnuage passe devant le soleil, pour que le calme renaisse dans la ruche; lesAbeilles ne songent plus à essaimer, jusqu’à ce que le soleil 11e se montre denouveau; alors le tumulte recommence, s’accroît rapidement, et l’essaim part.Mais si le printemps est constamment pluvieux, la Reine mère a le lemps dedétruire toutes les cellules royales, et il 11’y a pas d’essaim.

Ne croyez pas qu'avec la Reine mère toute la nation ait émigré, et que laruche reste déserte; les jeunes Abeilles y rentrent ainsi que celles qui étaientaux champs lors de la sortie de l’essaim ; en outre, les petites cellules renfermentune quantité prodigieuse de couvain d’Ouvrières qui 11e tardent pas à se trans-former en Abeilles : voilà bien des recrues pour repeupler la ruche. Prenonsmaintenant connaissance des événements qui suivent le départ de l’essaim.

Le moment du départ de la Reine mère est celui de la délivrance de la jeuneReine qui est arrivée la première à l’état parfait; les Ouvrières ont cessé de la re-tenir captive, mais elles font une garde sévère autour des autres cellules royales,pour s’opposer à la sortie des Reines qui y ont été élevées. Il y a dans celte con-duite deux intentions admirables : la première est de prémunir les prisonnièrescontre les attaques de leur sœur nouvellement délivrée ; la seconde est de lesmettre en état de voler dès l’instant où elles sortent de leur cellule.

« Je ne doute point, dit Huber, que la nécessité de rencontrer un beau jourpour le jet d’un essaim ne soit une des raisons qui ont décidé la Nature à donneraux Abeilles le droit de prolonger la captivité de leurs jeunes Reines dans lescellules royales. Cette captivité est toujours plus longue quand le mauvaistemps dure sans interruption plusieurs jours de suite. Ici la cause finale 11cpeut être méconnue. Si les jeunes femelles avaient eu la liberté de sortir deleur berceau dès qu’elles y auraient reçu leur dernier développement, il y au-rait eu, pendant les mauvais jours, pluralité de Reines dans la ruche, et parconséquent des combats et des victimes; le mauvais temps aurait pu se pro-longer assez pour que toutes les Reines arrivassent à l'époque de leur transfor-mation et de leur liberté. Après tous les combats qu’elles se seraient livrés,une seule, victorieuse de toutes les autres, serait restée en possession du trône,et la ruche, qui naturellement devait donner plusieurs essaims, n’en auraitpas donné un seul. La multiplication de l’espèce aurait donc été laissée auhasard de la pluie et du beau temps, tandis qu’elle en est complètement indé-pendante, grâce aux sages dispositions de la Nature. E11 ne laissant sortir decaptivité qu’une seule femelle à la fois, la formation des essaims est assurée. Un»