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Deuxieme partie.
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autre circonstance avantageuse résulte de la captivité prolongée des Heiues, c'estqu’elles sont en étal de voler et de partir dès que les Abeilles leur laissent laliberté; et par ce moyen, elles deviennent capables de profiter du premiermoment où le soleil se montre, pour emmener une colonie. »

La jeune Reine, au moment où elle devient libre, est déjà vive et de cou-leur rembrunie. A peine échappée de prison, poussée par sa haine instinctivecontre toutes les Abeilles de sou sexe, elle court aux autres cellules royales ;mais les Abeilles qui veillent auprès de chacune la tiraillent, la mordent et lachassent avec acharnement. Souvent alors la Reine se met à chanter: c’est unchant composé de plusieurs notes semblables qui se suivent rapidement ; lors-qu'elle produit ce son, elle s’arrête, appuie son corselet contre le gâteau, croiseses ailes et les agite sans les ouvrir. Aussitôt toutes les autres Abeilles baissentla tête et restent immobiles: on dirait des sujets respectueux, dévoués à leursouverain, mais lui faisant opposition dès qu’il veut entreprendre quelquechose de nuisible à l’Etat. Plusieurs jours peuvent se passer ainsi ; la Reineentreprend de temps à autre d’arriver jusqu’aux cellules royales, et toujoursles gardiennes vigilantes l’environnent, la houspillent, et finissent par la chas-ser. Bientôt un bourdonnement se fait entendre dans la cellule la plus âgée;alors la Reine, ne pouvant plus maîtriser les transports qui l’agitent, se met àparcourir précipitamment la ruche, y produit, le même désordre qu’y avaitproduit sa mère quelques jours auparavant, et un second essaim part avec elle.Une nouvelle Reine sort de sa cellule : même jalousie, mêmes tentatives, mêmerésistance de la part des Abeilles, même détermination de la part de la Reine.Mais il reste encore plusieurs cellules royales, et la garde en devient plus diffi-cile à mesure que la ruche se dépeuple; quand il y a eu quatre essaims, lesAbeilles ne pouvant ou ne voulant plus garder les cellules royales qui restent,la première Reine qui devient libre démolit l’alvéoje de ses sœurs, et lestaitpérir, sans éprouver de résistance de la part des Ouvrières.

C’est ici qu’après avoir si souvent admiré la Nature dans les soins qu’elles’est donnés pour la conservation et la multiplication des espèces, vous allezl’admirer dans les précautions qu’elle a prises pour exposer certains individusà un danger mortel.

Les larves d’oniTièm et de mâles se filent dans leurs cellules une coque quienveloppe tout leur corps; mais les larves de Urines ne filent que des coquesincomplètes, ouvertes à leur partie postérieure, et enveloppant seulement latète, le corselet et le premier anneau de l’abdomen. Celui-ci, qui est dirigévers la partie élargie de la cellule royale, est donc à découvert, et n’est protégé<[ue par la fragile paroi de cire qui le recouvre. Nous vous avons dit que quandil y a eu plusieurs essaims, la garde qui veille au salut des Reines prisonnièresn’étant plus suffisante pour les protéger, la dernière délivrée les perce à coupsd’aiguillon. « Or, elle n’y réussirait pas, dit Huber, si elles étaient envelop-pées d’une coque complète. Pourquoi?—Parce que la soie que filent les Vers estforte, que la coque est d'un tissu serré, et que l’aiguillon ne pénétrerait pas ;ou, s’il y pénétrait, la Reine ne pourrait point l'en retirer, à cause des barbeluresdu dard, qui s’arrêteraient dans les mailles de cette coque, et elle périrait elle-même, victime de sa propre fureur. Ainsi donc, pourqu’une Reine parvînt à