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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES M K L L1 [■' È II ES.

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(lier ses rivnles dans leurs cellules, il fallait qu’elle y trouvât leur abdomen àdécouvert; les larves royales ne devaient donc liler que des coques incomplètes.Et remarquez, je vous prie, que c’étaienL bien leurs derniers anneaux qu’ellesdevaient laisser à nu, car c’est la seule partie de leur corps que l’aiguillon puisseattaquer; la tète et le corselet sont revêtus de lames écailleuses continues, quecette arme ne pénètre pas. »

Iluber a démontré l’évidence de cette cause finale par une expérience ingé-nieuse ; il s’est assuré que si les larves royales se filent des coques incomplètes,c’est qu’elles y sont obligées par la forme de leurs cellules, qui sont, commevous savez, très-élargies supérieurement. En effet, il les a placées dans des cel-lules ordinaires, et elles se sont filé des coques complètes, aussi bien que leslarves d 'ouvrières. Si donc les Reines captives sont obligées de laisser ainsi ànu l'extrémité de leur abdomen, c’est une précaution de la Nature qui a voulules exposer à périr plus sûrement sous les coups de leur ennemie naturelle,quand leur existence sera devenue inutile ou dangereuse dans une ruclie quine peut plus produire d’essaim. C’est ce que semblent comprendre les Ouvrières,lorsqu’elles cessent de garder et de défendre les cellules royales.

Il arrive souvent, à cette époque, que deux jeunes lleines sortent en mêmetemps de leur alvéole. Ecoutons Iluber raconter ce qu’il a pu observer, grâceâ l’heureuse disposition de ses ruches en litre. « Dès qu’elles lurent â portéede se voir, dit-il, elles s’élancèrent l’une contre l'autre avec l’apparence d'unegrande colère, et se mirent dans une situation telle, que chacune avait ses an-tennes prises entre les dents de sa rivale : la tète, le corselet et le ventre del’une étaient opposés à la tête, au corselet et au ventre de l’autre ; elles n’a-vaient qu’à replier l'extrémité postérieure de leur corps, elles se seraient per-cées réciproquement de leur aiguillon, et seraient mortes toutes les deux dansle combat. Mais il semble que la Nature n’a pas voulu que leurs duels tissentpérir les deux combattantes ; on dirait qu’elle a ordonné aux lleines qui setrouveraient dans la situation que je viens de décrire (c’est-à-dire face à face,et abdomen contre abdomen ) de se fuir à l'instant même avec la plus grandeprécipitation. Aussi, dès que les deux rivales dont je parle sentirent que leursparties postérieures allaient se rencontrer, elles se dégagèrent l’une de l’autre,et chacune s’enfuit de son côté. Il me semble que, dans ce cas-ci, on peut pé-nétrer l’intention de la Nature. Il ne devait pas y avoir dans la ruche plus d’uneReine : il fallait donc que, si par hasard il en naissait on en survenait une se-conde, l’une des deux fût mise à mort. Or, il ne pouvait pas être permis auxAbeilles Ouvrières de faire cette exécution, parce que, dans une république com-posée de si nombreux individus, entre lesquels on ne peut pas supposer unconcert toujours égal, il serait fréquemment arrivé qu'un groupe d’Abeilles seserait jeté sur l'une des Reines, tandis qu'un second groupe aurait massacrél'autre, et la ruche serait demeurée sans chef: il fallait donc que les Reinesseules fussent chargées du soin de se défaire de leurs rivales. Mais comme, dansces combats, la Nature ne voulait qu’une seule victime, elle a sagement prescritd’avance qu’au moment où par leur position les deux combattantes pourraientperdre la vie l’une et l’autre, elles ressentissent toutes les deux une craintesi forte, qu'elles ne pensassent plus qu’à fuir sans se darder leurs aiguillons.