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apres qu’il s’esl perché, des Abeilles qui vont à la recherche d'un gîte propreà le recevoir. Dès qu’il est trouvé, les quêteuses reviennent et entraînent l’es-saim qui s’y rend en droite ligne : cela se passe ainsi dans les forêts du nord del’Europe. Quelques observateurs français et anglais croient qu’il y a des es-saims qui, avant leur sortie des mères rnclics, envoient des émissaires pourleur chercher un gîte.
Vous avez suivi les phases régulières de la vie des Abeilles ; mais ces Insectessont quelquefois placés dans des conditions insolites, qui leur imposent lanécessité de déployer des facultés plus merveilleuses encore que celles dontnous vous avons entretenue. L’histoire naturelle des Abeilles pourrait, en rai-son de l’abondance et de la variété des faits qui la composent, être considéréecomme une science toute particulière, que l’on exprimerait, suivant l’usage, pardeux mots grecs, et comme nous avons l’entomologie, l’ichtliyologie, l’erpéto-logie, l'ornithologie, nous aurions la méliliologie, dont Huber serait le héros.Nous vous dirons bientôt de quelle manière ce titre a été mérité par l’obser-vateur genevois ; étudions, en attendant, les circonstances extraordinaires del’histoire des Abeilles.
Il arrive quelquefois que la Reine péril ou est enlevée à ses sujets ; mais chezles Abeilles, le Roi ne meurt jamais, et le trône ne peut rester longtemps va-cant sans que la nation elle-même périsse. Lorsque les Abeilles ont perduleur Reine, elles s’en aperçoivent au boni de quelques heures, et sur-le-champelles entreprennent les travaux nécessaires pour réparer leur perte : ces tra-vaux consistent ci choisir une larve d'ouvrière, à agrandir son logement, à lanourrir d’une bouillie plus substantielle et plus abondante, et le Ver, au lieu dese convertir en Abeille commune, devient une véritable Reine. Mais ce n’est pasà une larve seulement que les Abeilles donnent Véducation royale; elles ont àcraindre les chances de mortalité, et pour les diminuer, elles élèvent jusqu’àvingt-sept larves pour le trône, bien qu’elles sachent qu’une seule doitl’occuper.
« D’abord, dit Huber, elles choisissent les jeunes Vers d’Ouvrières, qu’ellesdoivent convertir en Reines, et dès ce moment elles commencent à agrandir lescellules où ils sont logés; le procédé qu’elles emploient est curieux. Pour lefaire mieux comprendre, je décrirai leur travail sur une seule de ces cellules ;ce que j’en dirai doit s’appliquer à toutes celles qui contiennent les Vers qu’ellesà la royauté. Après avoir choisi un Ver d’Ouvrières, elles sacrifient lestrois alvéoles contigus à celui où il est placé ; elles en emportent les Vers et labouillie, et élèvent autour de leur nouveau nourrisson une enceinte cylindrique :sa cellule devient donc un vrai tube, à fond rhomboïdal, car elles ne touchentpoint aux pièces de ce fond ; si elles l’endommageaient, il faudrait qu’elles mis-sent à jour les trois cellules correspondantes de la face opposée du gâteau, etque par conséquent elles sacrifiassent les Vers qui les habitent, sacrifice quin’était pas nécessaire, et que la Nature n’a pas permis. Elles laissent donc lefond rhomboïdal, et se contentent d'élever autour du Ver un tube qui setrouve, ainsi que les autres cellules du gâteau, placé horizontalement. Maiscette habitation ne peut convenir au Ver appelé à l’état de Reine que pendantles trois premiers jours de sa vie ; il faut que pendant les deux autres jours,