FAMILLE I)E S ME LU FEUES.
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où il conserve encore la forme de Ver, il vive dans une autre situation.Durant ces deux jours, portion si courte de la durée de son existence, ildoit habiter une cellule de forme à peu près pyramidale, dont la base soit enhaut et la pointe en bas. On dirait que les Ouvrières le savent ; car dès que leVer a achevé son troisième jour, elles préparent le local de son nouveau loge-ment, rongent quelques-unes des cellules placées au-dessous du tube cylin-drique horizontal, sacrifient sans pitié les Vers qui y sont contenus, et se serventde la cire qu’elles viennent de ronger, pour construire un nouveau tube de formepyramidale, qu’elles soudent à angle droit sur le premier, et quelles dirigent enbas : le diamètre de cette pyramide diminue insensiblement depuis sa base,qui est assez évasée, jusqu’à sa pointe. Pendant les deux jours que le Ver l'ha-bite, il y a toujours une Abeille qui se tient, la tète avancée dans la cellule;quand une Ouvrière la quitte, il en vient une autre prendre sa place. Elles ytravaillent à prolonger la cellule à mesure que le Ver grandit, et elles lui appor-tent sa nourriture, qu’elles placent devant sa bouche et autour de son corps;elles en font une espèce de cordon autour de lui. Le Ver, qui est sans pattes, etne peut se mouvoir qu’en spirale, tourne sans cesse pour trouver la bouillieplacée devant sa tète ; il descend insensiblement la tète en bas, et arrive enfintout près de l'orifice de sa cellule : c’est à cette époque qu’il doit se transformeren nymphe. Les soins des Abeilles ne lui sont plus nécessaires : elles fermentson berceau d’une clôture qui lui est appropriée, et il y subit au temps marquéses deux métamorphoses. »
Schirach, pasteur d’une église protestante en Saxe, auteur de cette décou-verte, prétendait que les Abeilles ne choisissaient jamais que des Vers âgés detrois jours, pour leur donner l’éducation royale; mais Iluber s’est assuré, pai-lles expériences multipliées, que l’opération réussit également sur des Vei;s âgésde deux jours seulement, et même sur des Vers qui ne sont âgés que de quel-ques heures. Ainsi les cellules royales sont de deux sortes : il y a d’abord lescellules que construisent les Ouvrières dès qu’elles ont vu la Reine pondre desoeufs de Faux Bourdons : celles-là sont attachées au bord des gâteaux par unpédicule, et appendues verticalement en manière de stalactites. La Reine n’at-tend pas, pour y pondre, qu’elles aient atteint toute leur longueur; elle y déposeson œuf lorsque la cellule n’a encore que la grandeur et la forme du calice d’ungland; les Ouvrières ne les allongent jamais qu’après que l’œuf y a été pondu.Il y a ensuite les cellules royales supplémentaires, dont nous venons de vousfaire l’histoire. Du reste, dans les deux cas, les Ouvrières agrandissent la cel-lule à mesure que le Ver prend son accroissement, et la ferment lorsqu’il va setransformer en nymphe royale. Mais là se borne l’analogie : les cellules royalessupplémentaires une fois closes ne sont plus surveillées, gardées, défenduescomme les autres; l’une des jeunes Reines sortira peut-être la première de sonberceau, et se jettera successivement sur toutes les cellules royales, qu’elle ou-vrira pour percer ses rivales, sans que les Ouvrières s’occupent à les protéger ;si plusieurs Reines sortent à la fois, elles se chercheront, se combattront; il yaura plusieurs victimes, et le trône restera à la femelle victorieuse. Bien loinque les Abeilles témoins de ces duels s’y opposent, elles paraîtront plutôt exci-ter les combattantes.
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