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Deuxieme partie.
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FAMILLE l)K S M EL L IF K K E S.

dents près de la racine des ailes, et parvint à la fixer contre le gâteau, sans luilaisser la liberté de faire de la résistance, ni même aucun mouvement : ensuiteelle recourba son ventre et perça d’un coup mortel celte malheureuse victimede notre curiosité. »

Huber voulut épuiser toutes les combinaisons et savoir s’il y aurait un combatentredeux Heinesdont l’une serait féconde, et dontl'autre ne le serait pasencore.Dans une ruche vitrée, gouvernée par une Reine, âgée de vingt-quatre jours, quin'était pas encore en état de pondre des œufs, il introduisit une Reine très-fé-conde, et la plaça sur la face du gâteau opposée à celle où était la première ; ilvoulait se donner le temps de voir l’accueil qui lui serait fait par les Ouvrières, ets’assurer si la fécondité des Reines est la cause exclusive de l’affection que leurportent les Abeilles. Bientôt l'étrangère fut entourée d’Abeilles qui l’envelop-pèrent. Cependant elle ne fut qu’un instant serrée entre leurs cercles, elle était,pressée de pondre, et laissait tomber ses œufs. Le groupe qui entourait celteReine s’étant un peu dissipé, elle s’achemina vers le bord du gâteau, et setrouva bientôt à une très-petite distance de la jeune Reine régnante. Dèsqu’elles s’aperçurent, elles s’élancèrent l’une contre l’autre; la Reine non fé-conde monta alors sur le dos de sa rivale, et darda sur son ventre plusieurscoups d’aiguillon; mais, comme ces coups ne portaient que sur la partie écail-leuse, ils ne lui firent aucun mal, et les combattantes se séparèrent. Quelquesminutes après, elles revinrent à la charge : cette fois, la Reine féconde parvintà monter sur le dos de son ennemie; mais elle chercha inutilement à la percer;l’aiguillon n’entra pas dans les chairs ; la Reine régnante parvint à se dégageret s’enfuit; elle put encore s’échapper dans une autre attaque où la Reineféconde avait pris sur elle l’avantage de la position. Ces deux rivales parais-saient de même force, et il était difficile de prévoir de quel côté pencherait lavictoire, lorsque enfin, par un hasard heureux, la Reine régnante perça mortel-lement l’étrangère, qui expira sur le moment même. Le coup avait pénétré siavant, (pie l’Abeille victorieuse ne put pas d’abord retirer son dard, et qu’ellefut entraînée dans la chute de son ennemie. On la vit faire bien des effortspour dégager son aiguillon ; elle n’y put réussir qu’en tournant sur l'extré-mité de son ventre, comme sur un pivot. Il est probable que par ce mouvementles barbes de l’aiguillon se fléchirent, se couchèrent en s ' ’e autour de la tige,et qu’elles sortirent ainsi de la plaie qu’elles avaient faite.

Ces duels entre une Reine étrangère et une Reine régnante, ne peuvent avoirlieu que par l’intervention de l’homme; il y a bien à l'intérieur des ruches descombats à outrance entre les jeunes Reines sorties en même temps de leurs cel-lules, combats qui décident à laquelle appartiendra le trône ; mais, hors ce cas, iln’y a jamais dans la ruche de Reines surnuméraires, et jamais une Reine étran-gère ne pourrait s’y glisser : la raison en est bien simple : les Abeilles posent etentretiennent nuit et jour une garde suffisante aux portes de leur habitation :cesvigilantes sentinelles examinent tout ce qui se présente, et comme si elles nes’en fiaient pas à leurs yeux seulement, elles touchent de leurs antennes flexiblestous les individus qui veulent pénétrer dans la ruche, et les diverses substancesqu’on met à leur portée. S’il se présente une Reine étrangère, les Abeilles de lagarde la saisissenl à l’instant ; pour l'empêcher d’entrer, elles accrochent avec