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leurs dents ses jambes ou ses ailes, et la serrent de si près entre leurs cercles,(|ifelles-mêmes ne peuvent pas s’y mouvoir; peu à peu il vient de l’intérieurde la ruche de nouvelles Abeilles qui se joignent à ce massif, et le rendent en-core plus serré ; toutes leurs têtes sont tournées vers le centre où la Heine estrenfermée, et elles s’y tiennent avec une telle apparence d’arcbarnement, qu’onpeut prendre la pelote qu’elles forment, et la tenir suspendue ' es momentssans quelles s’en aperçoivent : il est de toute impossibilité qu'une Heine étran-gère, enveloppée et serrée si étroitement, puisse pénétrer dans la ruche. Si lesAbeilles la retiennent trop longtemps prisonnière, elle périt, et la mort estprobablement occasionnée par le manque d’air et d’aliments; mais ce qu’il y ade très-sûr, c’est qu’elle ne reçoit pas de coups d’aiguillon.
Nous ne devons pas omettre une particularité de l'histoire des Abeilles, quimontre clairement (pie les Ouvrières ne sont autre chose que des lleines incom-plètes. Rendant des siècles, on a cru qu'elles étaient des neutres; mais il estbien établi aujourd'hui que, dans certaines circonstances, elles pondent des œufslluber s’est convaincu, par de nombreuses observations, qu’il ne naît des Ou-vrières fécondes que dans les ruches qui ont perdu leur Heine. Or, lorsque cemalheur est arrivé, les Ouvrières préparent une grande quantité de gelée royalepour en nourrir les Vers qu’elles destinent à remplacer la Heine. Si donc lesOuvrières fécondes ne naissent que dans les ruches où les Nourrices préparentde la gelée royale, c’est, cette nourriture prise dans leur bas âge qui les rendfécondes. lluber avait soupçonné, et s’est ensuite assuré par des expériencespositives, que lorsque les Abeilles donnent aux Vers l’éducation royale, elleslaissent tomber, ou par accident ou par instinct, de petites portions de geléeroyale dans les alvéoles voisines des cellules où sont les Vers destinés à l’étalde Heine ; les larves d’Ouvrièresqui ont reçu accidentellement ces petites dosesd'un aliment aussi actif acquièrent une sorte de développement, mais ce dé-veloppement est imparfait, parce que la nourriture royale n’a été administréequ’en petite quantité, et que d’ailleurs ces Vers ayant vécu dans les cellules duplus petit diamètre, leurs parties n’ont pu s’étendre au delà des proportionsordinaires. Les Abeilles qui naissent de ces Vers ont donc la taille et les carac-tères extérieurs des simples Ouvrières, mais elles ont de plus la faculté depondre quelques œufs, par le seul effet de la petite portion de gelée royale quiavait été mêlée à leurs autres aliments. Toutefois cette fécondité est un présentinutile, car les Ouvrières ne pondent jamais que des œufs de Faux Bourdons ; ilest fort rare d’ailleurs qu’il s’en trouve dans les ruches, parce que celle desjeunes Reines qui sort la première de sa cellule va attaquer les autres cellulesroyales et se jette ensuite sur celles des Ouvrières fécondes qui les avoisinent.
Nous vous avons dit que quand la Heine commence sa ponte plus tard quevingt-deux jours après être arrivée à l’état parfait, elle descend en quelque sorteà la condition des Abeilles ordinaires, et ne peut plus pondre que desœufs de FauxBourdons ; c’est un cas rare, qui entraîne à la longue la perte de la ruche; puis-que les Bourdons, citoyens oisifs, finissent par en être les seids habitants. LesAbeilles Ouvrières semblent prévoir ce désastre; et cependant leur instinctmaternel les soutient pendant les premiers mois : elles soignent et nourrissentles larves de Faux Bourdons qui re ’ ssenl les cellules communes, les cellules
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