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Deuxieme partie.
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I N S E C T E S 11 Y M K N 01 » T K U E S.

elle y rentre bientôt, pour y pondre à son tour. Les édifices si laborieusement con-struits par les Abeilles seraient bientôt détruits par cette vermine, si les Abeillesne s’opposaient à leurs dévastations, soit en arrachant les Teignes de leur gale-rie, et les emportant au v ' les jeter loin de la ruche, soit en faisant unegarde sévère pendant la nuit à l’entrée de leur habitation. On peut voir au clairde lune ces sentinelles vigilantes rôder autour de la ruche; leurs yeux, qui nesont sensibles qu’à une grande clarté, ne distinguent les objets (pie très-confu-sément; mais un tact exquis supplée chez elles au défaut de la vue; leursantennes, toujours étendues en avant, se dirigent alternativement à droite et àgauche : malheur à la Teigne si elle ne parvient pas à échapper à leur contact :aussi cherche-t-elle avec une merveilleuse adresse à se glisser entre les gar-diennes, en évitant soigneusement la rencontre de cet organe mobile, commesi elle savait que sa sûreté dépend de cette précaution.

Si vous observez des Abeilles veillant à la porte de leur ruche pendant lanuit, vous entendrez fréquemment un petit frémissement très-court; mais siun Insecte étranger ou un ennemi quelconque vient à toucher leurs antennes,la garde s’émeut, le murmure prend un caractère différent du bourdonnementordinaire, et l’ennemi est assailli par plusieurs Ouvrières (pii viennent de l'in-térieur.

L’introduction delà pomme de terre en France a été une époque néfaste pourles Abeilles. Les feuilles de celte plante nourrissent une grosse Chenille, qui de-vient un énorme Sphinx, dont nous vous donnerons bientôt le signalement. Versla fin de l'été, lorsque les Abeilles ont emmagasiné une partie de leur récolte,on entend quelquefois, aux premières heures de la nuit, un bruit extraordinaire,un son aigu et plaintif, qui semble partir des ruches ; une multitude d’Abeillessortent pendant la nuit et s'échappent dans les airs; le tumulte dure souvent,plusieurs heures, et le lendemain, lorsqu’on observe l’effet de cette grandeagitation, on voit beaucoup d’Abeilles mortes au devant de la ruche : le plussouvent celle-ci ne renferme plus de miel, et quelquefois elle est entièrementdéserte.

Les cultivateurs, qui n’avaient jamais observé ce phénomène avant la fini dusiècle dernier, l’attribuèrent d’abord à des Chauves-Souris qui auraient faitirruption dans la ruche : mais on découvrit bientôt qu'il était causé par leSphinx airopos, dont le corselet jaune porte des taches noires ayant l’aspectd'une tète de mort ; ce gigantesque Lépidoptère entrait le soir dans les ruchespour s’y rassasier du miel, qu’il pompait avec sa grosse trompe; Iluber, qui lepremier vérifia la cause de la désertion des Abeilles et du ravage des ruches,conseilla à ses voisins cultivateurs de rétrécir les portes de leurs ruches avec,un petit grillage de fer-blanc, dont les ouvertures ne laisseraient de place quepour le passage des Abeilles; ce procédé eut un succès complet : le calme serétablit et les dégâts cessèrent. Mais les mêmes précautions n’avaient pas étéprises par tous les cultivateurs, « et nous vîmes, dit Iluber, que les Abeilles,livrées à elles-mêmes, avaient pourvu à leur propre sûreté : elles s’étaient bar-ricadées sans le secours de personne, au moyen d’un mélange de cire et de pro-polis, dont elles avaient fabriqué un mur épais à l’entrée de leur ruche : ce murs’élevait immédiatement derrière la porte, et quelquefois dans la porte même :