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Deuxieme partie.
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il l'obstruait entièrement, mais il élait percé de qnoli|iios omertures suffisantpour le passage d’une ou de deux Ouvrières.

Ici l'homme cl l’Abeille s’étaient parfailemenl rencontrés : les ouvrages <|u’ellesavaient établis à la porte de leurs habita tiens étaient d’une forme assez variée : dansquelques-unes, comme je viens de le dire,on voyait un seul mur, dont les ouverturesétaient en arcades cl.disposées vers le liant de la maçonnerie; ailleurs plusieurscloisons, les unes derrière les autres, rappelaient les bastions de nos citadelles ;des portes masquées par les murs antérieurs s’ouvraient sur les faces de ceuxdu second rang, et ne correspondaient point avec les ouvertures du premier;quelquefois c’était une suite d’arcades croisées, qui laissaient un libre essor auxAbeilles, sans permettre l’introduction de leurs ennemis ; car ces fortificationsétaient massives, la matière en était compacte et solide.

Les Abeilles ne construisent point de portes easematées sans une urgentenécessité : ce n’est donc pas un de ces traits de prudence générale qui semblentpréparés de loin pour obvier à des inconvénients que l’Insecte ne peut ni con-naître ni prévoir ; c’est lorsque le danger est là, lorsqu’il est pressant, immé-diat, que l’Abeille, forcée de chercher un préservatif assuré, use de cette der-nière ressource. 11 est curieux de voir cet Insecte si bien armé, secondé parl’avantage du nombre, sentir son impuissance, et se prémunir, par une com-binaison admirable, contre l'insuffisance de ses armes et de son courage. Aussil'art de la guerre chez les Abeilles ne se borne pas à savoir attaquer leurs enne-mis : elles savent aussi établir des remparts pour se met Ire à l’abri de leurs entre-prises ; du rôle de simples soldats, elles passent à celui d’ingénieurs. Mais cen’est pas contre le Sphinx seulement qu’elles emploient celte tactique défen-sive : les ruches faibles sont quelquefois attaquées par les Abeilles étrangères,qu’attirent l’odeur du miel et l’espoir d’un pillage facile. Les Abeilles assiégées,étant trop peu nombreuses pour repousser l’invasion des barbares, ont souventrecours à un procédé analogue à celui quelles emploient contre le Sphinx :elles pratiquent aussi des murs, mais elles n’y laissent (pie d’étroites ouver-tures, où une seule Abeille peut passer à la fois : il leur est donc bien facile deles garder.

11 vient ensuite une époque où ces passages étroits ne peuvent plus leur suf-fire à elles-mêmes. Lorsque la récolte est très-abondante, que leur ruche estexcessivement peuplée, et qu’il est temps de former de nouvelles colonies, lesAbeilles démolissent ces portes qu’elles avaient élevées à l'heure du danger, etqui gênent maintenant leur impétuosité : ces précautions sont devenues incom-modes, et elles les écartent jusqu'à ce que de nouvelles alarmes les leur inspirentde nouveau. Les portes pratiquées en 180-5 furent démolies au printemps de 1803;les Sphinx ne parurent point cette année-là : on n’en vit pas même la suivante,mais dans l’automne de 1807 ils se montrèrent en grand nombre. Aussitôt lesAbeilles se barricadèrent et prévinrent ainsi le désastre dont elles étaient mena-cées. Au mois de mai 1808, avant la sortie des essaims, elles démolirent cesfortifications, dont les portes étroites ne laissaient pas nu assez libre passage àleur multitude. Cet à-propos dans leur conduite ue peut s’expliquer qu’enadmettant que leur instinct se développe à mesure que les circonstancesl’exigent. »

ii.

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