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Deuxieme partie.
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Los Abeilles entretiennent dans leur ruelie, par l'effet de leur respiration etde leur réunion en grand nombre, une chaleur élevée, essentielle à ces Mou-ches ainsi qu’à leurs élèves, et indépendante de la température extérieure. Maisl'Auteur de la Nature, en assignant à ces Insectes un logement dans lequel l’airne devait pénétrer qu'avec difficulté, leur a donné le moyen de parer aux fu-nestes effets qui pouvaient résulter de l’altération de leur ’ière : ce

moyen est la ventilation: un certain nombre d’Ouvrières sont occupées alterna-tivement à renouveler l’air dans l'intérieur de la ruche, par le battement rapidede leurs ailes, dont les vibrations produisent ce bourdonnement continuel qu’onentend au fond de la cité. Ces mouvements vibratoires déterminent des courantsdans l’air ambiant, et l’air corrompu par la respiration des Abeilles se trouveainsi à chaque instant remplacé par celui de l’atmosphère.

Ces ventilateurs intelligents fonctionnent d'une manière permanente : on voittoujours, pendant la belle saison, un certain nombre d’Abeilles agiter leurs ailesau devant de la porte de la ruche, mais on peut s’assurer, par l’observation,qu'il y en a encore plus qui s’éventent dans l'intérieur. La place ordinaire desAbeilles ventilantes est sur le plancher inférieur de la ruche ; toutes celles qui sontoccupées de cette manière au dehors ont la tête dirigée vers la porLe, mais cellesqui sont au dedans lui tournent le dos. On dirait que ces Mouches s’y placent sy-métriquement pour s’éventer plus à l’aise : elles forment alors des files qui abou-tissent à l’entrée de la ruche, et sont quelquefois disposées comme autant deravons divergents : cet ordre est du probablement à la nécessité où sont lesAbeilles ventilantes de faire place à celles qui vont et viennent, et dont la courserapide les force à se ranger à la file pour n’ètrc pas heurtées et culbutées àchaque instant.

Quelquefois plus de vingt Abeilles s’éventent au bas d'une ruche; dans d’au-tres moments, leur nombre est plus circonscrit; chacune d’elles fait jouer sesailes plus ou moins longtemps : on en voit quelquefois qui s’éventent pendantvingt-cinq minutes. Hans cet intervalle elles ne se reposent, point, mais ellessemblent quelquefois reprendre baleine en sus ” , par intervalles très-

courts, la vibration de leurs ailes : aussitôt qu’elles cessent de s’éventer, d’autresles remplacent, en sorte qu’il n’y a jamais d’interruption dans le bourdonne-ment d’une ruche bien peuplée.

Nous terminerons l’histoire des Abeilles par quelques considérations sur lessens que le Créateur leur a donnés. Il est probable que les objets physiques neleur procurent pas les mêmes impressions qu’à l’homme : leurs facultés n’étantpas les mêmes, et leur nature n’admettant pas les lumières de' la raison, ellesdoivent être conduites par d’autres mobiles, et l’idée que nous nous formons deleurs organes sentants, d’après ceux qui nous ont été donnés à nous-mêmes,n’est peut-être pas exacte. L’homme est parvenu, avec le secours des verresgrossissants, à étendre le domaine de sa vue : ne peut-on pas admettre que l’in-telligence suprême, qui dispense à tous les animaux une organisation conformeà leurs besoins, a pu modifier leurs sens et les développer au delà de tout ceune la science humaine nous enseigne ? Celui qui créa pour nous, et en raisonde nos besoins, ces cinq grandes avenues, par lesquelles abordent à notre esprittoutes les notions du monde physique, ne pouvait-il pas à volonté ouvrir, pour