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d'autres èlres moins favorisés du coté du jugement, des routes ou plus direelesou plus sûres, ou plus nombreuses, et dont les rameaux s'étendissent dans toutle domaine qui leur serait départi ? Il peut y avoir des manières, absolumentinconnues pour nous, de considérer les choses matérielles; et rien ne répugneà l'idée que la Nature ait pu créer des sensations toutes spéciales pour desêtres qui diffèrent de nous sous tant de rapports. Cela admis, l’obscurité qui en-veloppe les sensations des Abeilles ne doit pas désespérer le naturaliste; elledoit au contraire l’encourager à étudier les organes qui t ' ipent moins à sonobservation.
Les cinq sens que possèdent les animaux supérieurs ont été départis auxAbeilles ; le sens de l’ouïe n’est pas prouvé, quoiqu’il soit naturel d'admettreque les sons divers produits par l’Abeille sont destinés à être entendus de sessemblables : les gens de la campagne pensent que les Abeilles ne sont pas sourdes,car ils ont l'habitude de frapper sur un instrument sonore, au moment de lasortie d’un essaim, pour prévenir sa fuite. Mais en revanche, de quelle perfec-tion est chez elles l'organe de la vue ! Comme cette Mouche reconnaît de loinson habitation au milieu d’un rucher qui contient un grand nombre de casestoutes semblables à la sienne! Elle y arrive en droite ligne avec une extrêmevitesse ; ce qui suppose qu’elle la distingue des autres de très-loin, et à dessignes qui nous échapperaient. L’Abeille part , et va droit au champ le plusHenri; dès qu’elle a trouvé sa direction, vous la voyez suivre un chemin aussidroit qu'une balle qui s’échappe du canon d’un fusil. Lorsqu’elle a fait sa ré-colte, elle s’élève pour voir sa ruche, et repart avec la rapidité de l’éclair.
Le goût est peut-être le moins parfait des sens de l’Abeille, car elle metpeu de discernement dans le choix des substances qu’elle récolte. Le miel des(leurs les plus vénéneuses, le suc excrémentiel des pucerons, l’eau des maresles plus infectes, ne la dégoûtent pas : c'est cette indifférence qui explique laqualité variable de son miel, suivant le pays ou la saison. Mais si les Abeillessont peu délicates sur l’origine de leur miel, elles attachent une grande impor-tance .à la quantité que les lleurs en contiennent, et leur odorat compenseamplement l’imperfection de leur goût. Elles vont toujours là oû il y en a leplus ; ce n’est pas la chaleur, ce n’est pas l’éclat du soleil qui les fait sortir deleur ruche, c’est l’espoir d’une récolte abondante. Quand le tilleul ou le sar-rasin sont çn lleur, elles bravent les pluies, sortent dés l’aurore, et se retirentplus tard qu’à l’ordinaire : mais cette ferveur diminue après la lleuraison,et la peuplade reste dans son domicile, quelque brillant, quelque chaud quesoit le soleil.
Le toucher des Abeilles est plus admirable encore que leur vue, car dans l’in-térieur de la ruche il supplée complètement à l’inaction de ce dernier sens.L’Abeille construit ses alvéoles dans l'obscurité; elle verse le miel dans les ma-gasins, nourrit les petits, juge de leur âge et de leurs besoins, reconnaît la Reine,et tout cela à l’aide de ses antennes; or, si ces organes, sous le rapport de laforme, sont moins habiles à connaître que nos mains, il faut leur accorder despropriétés spéciales et des perfections inconnues au tact de l’homme.
Nous vous avons exposé en détail (et la grandeur du sujet nous en faisait undevoir) l'iiisloire de I’Adei i.i.e domes tiq u e (.l/ns mdiiftcn, de Linné) : l’ai-