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Deuxieme partie.
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IN S E ETES 11 Y M É N 0P T EUES

chilecture, la reproduction, la police, la tactique offensive et défensive de cesindustrieux Insectes, ont rempli votre âme d’une admiration religieuse ; maisvotre étonnement va redoubler peut-être, quand vous saurez que ces mœurs,ces travaux, ces combats ont été observés et décrits... par un aveugle. Homère ,aussi, était privé de la vue, mais il ne la perdit que dans les dernières années desa vie, et les riches couleurs qu'il a versées à pleines mains dans son ///m/eétaient des réminiscences des sensations de sa jeunesse. 11 peignait ce qu'ilavait vu de ses propres yeux : l'Homèrc des Abeilles, aveugle à l'âge de vingtans, a vu par les yeux d'un autre les merveilles que nous venons de vousraconter.

François Huber naquit à Genève , en I7 -j 0, d’une famille honorable. Son père,Jean Iluber, était cité par Voltaire comme l’un des hommes les plus spirituelsde son temps. .Musicien, peintre, poète, artiste en un mot, il joignait à cestalents variés le goût et l’art d’observer les mœurs des animaux. Il publia mômesur le vol des Oiseaux de proie un ouvrage que consultent encore aujourd'huiavec intérêt les ornithologistes. Le jeune François hérita de son imaginationvive et de son esprit original ; il trouva dans la conversation colorée de son pèreune excellente école de littérature, et reçut de lui, en raccompagnant dans sespromenades au milieu des Alpes , celte spontanéité d’exploration qui ne se con-tente pas d’observer fidèlement ce qu’elle rencontre, mais qui sait prendrel'initiative, et marcher au-devant de la découverte. Les cours de l’illustre Saus-sure lui inspirèrent le goût de la physique, cl. pour compléter son éducation denaturaliste, il manipula dans le laboratoire d’un de ses parents qui se ruinait àchercher la pierre philosophale.

Avide d’émotions autant que de science, son âme échappa, trop tôt peut-être,aux paisibles amusements de l’enfance; les [lassions de l'âge viril agitèrent sonadolescence, et comme s’il eût prévu que son Inverserait précoce, sou prin-temps fut la saison la [dus brûlante de sa vie. Menant de front ses travaux etses plaisirs, passant les jours à l’élude et les nuits à lire des romans, sans autreclarté que celle de la lune, il vit bientôt sa santé s'altérer, et lut menacé d'unecécité complète et prochaine.

Son père le conduisit à I’aris, pour consulter le célèbre Tronchin et l’oculisteYenzcl. Ycnzel regarda l’état de la vue du jeune homme comme incurable, cl.Tronchin , voulant retremper sa constitution générale, l’envoya passer quelquetemps dans un village aux environs de Paris , où il lui fallut mener la vie d’unsimple paysan, conduire la charrue, et se livrer à tous les travaux de la cam-pagne. Ce régime cul un plein succès : la vue du jeune Iluber continua à bais-ser, mais sa santé se raffermit pour toujours; et lorsqu'il quitta la campagne,remerciant avec attendrissement les bonnes gens qui lui avaient donné l’hospi-talité, son départ fit couler bien des larmes. Un beau jeune homme, riche et.point lier, qui a conduit la charrue comme un simple garçon de ferme ; qui vadevenir aveugle, et qui part pour ne plus revenir, c’était [dus qu’il n’en fallait,pour faire pleurer les villageois, «et même les villageoises, » dit le biographed’IIuber, à qui nous empruntons ces détails.

Mais, malgré le tendre souvenir qu’IIuber emporia de son séjour aux champs,un intérêt beaucoup [dus vif bâtait sou retour à Genève . Il y avait là une jeune