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Deuxieme partie.
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demoiselle, fille d’mi des syndics de la ré|»vil>li<jiie, dont la rjrâcc, plus belleencore ipie la beaitlé, avait IVnppé le jeune homme lorsque sa vue n’était pastout à fait éteinte; cl quand celui-ci revint dans sa patrie, la cataracte quienvahissait rapidement ses yeux lui permit encore de lire dans ceux de MarieLullin que son affection était partagée. 11 demanda sa main; le père la lui re-fusa parce qu’il allait devenir aveugle, et la jc-unc fille la lui promit par lamême raison. L’amour, la pitié, une sorte d’héroïsme, qui n’est pas rare chezles femmes, lui inspirèrent la ferme résolution de n’accepter jamais d’autreépoux ipie lui. Son père employa, pour l’y faire renoncer, les séductions, lesimportunités, les persécutions même; Marie persista. L’épreuve fut rude cllongue : elle dura sept années entières, pendant lesquelles la cécité du pauvreIluheralla toujours en croissant ; mais son malheur n’était pas au-dessus desforces de mademoiselle Lullin, qui sentait grandir son dévouement en mêmetemps que son sacrifice. Dès qu'elle eut atteint l’âge de majorité, fixé parlaloi à vingt-cinq ans, elle se présenta au temple accompagnée de son oncle, etconduisit à l’autel l’époux qu’elle s’était choisi lorsqu'il était heureux et bril-lant, et qui par son infirmité même avait acquis un charme de plus aux yeuxde sa généreuse amie.

Est-il besoin de vous dire que madame Ilubcr ne démentit pas mademoiselleLullin? Cette union touchante a été mentionnée par des plumes célèbres:Voltaire la cite souvent dans sa correspondance, et madame de Staël , en pei-gnant le ménage des époux Belmont dans Delphine, s’est contentée de changerles noms. Un mot seul d’IIuber suffit pour donner nue idée du bonheur do-mestique qu'il goûla pendant quarante ans: «Tant qu'elle a vécu, disait-ildans sa vieillesse, je ne me suis pas aperçu du malheur d'être aveugle. »

Son séjour à la campagne le ramena au goût des sciences, (pie lui avait trans-mis son père. Il avait nu domestique, né dans le pays de Vaud , et nomméFrançois linrnem. 11 se lit lire par lui les meilleurs ouvrages sur la physiqueet l’histoire naturelle; mais bientôt il s’aperçut que son lecteur n’était pas unhomme ordinaire: Burnens coin prenait rapidement le livre, le coin mentait, le cri-tiquait, tirait des conséquences et indiquaildesvérificalionsà faire. Iluber, dontl’imagination active n’avait besoin, pour réparer sa cécité, que d’une paire d’yeuxclairvoyants, comprit toute l’étendue des services que Burnens pourrait luirendre; il lui fit d’abord répéter quelques-unes des expériences les plus sim-ples de la physique : elles furent exécutées avec intelligence et dextérité ; onpassa ensuite à des opérations plus difficiles. Le cabinet d’fluber était encorepeu monté en instruments, mais Burnens sut bien vite les perfectionner, les ap-pliquer à de nouveaux usages, et fabriquer lui-mème les machines dont il avaitbesoin ; enfin son goût naturel pour les sciences devint une passion. Iluberencouragea studieusement le zèle de son domestique , le dirigea dans sesrecherches par des questions adroitement combinées, contrôla ses récits aumoyen des témoignages qu'il recueillait près de sa femme et de ses amis, etse fut assuré de son exactitude, il n’hésila plus à lui accorder toute saconfiance.

Bientôt nos deux naturalistes arrivèrent aux magnifiques mémoires de lléau-niur sur les Insectes. Iluber trouva dans cet ouvrage un si beau plan d’expé-