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Deuxieme partie.
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58t» INSECTES 11 YMÉNOI'TÈItKS.

riences, des observations si ingénieuses, une logique si sage, qu'il résolut del’étudier particulièrement pour former son lecteur et lui dans l’art difficiled’observer la Nature. 11 commença par vérifier toutes les observations de Réau-mur sur les Abeilles, et en employant les mêmes procédés, il obtint les mêmesrésultats, ce qui acheva de le convaincre qu’il pouvait s’en rapporter aux yeuxde Burneus.

Enhardi par ce premier essai, il tenta sur les Abeilles des expériences abso-lument neuves, imagina de nouvelles constructions de ruches, et découvrit desfaits importants de l’histoire des Abeilles, qui avaient échappé à tous les zoo-logistes.

Il démontra que la Heine ne devient féconde que dans ses voyages aériens,et que, quand cette fécondité est tardive, elle 11e pond que des œufs de Faux Bour-dons ; il confirma la découverte du pasteur Schirac sur la faculté que possèdentles Nourrices de changer les larves d’Ouvrières en larves Royales ; il découvritque les Abeilles Ouvrières peuvent pondre des a;ufs de Faux Bourdons , et indi-qua les causes accidentelles de cette fécondité ; il fit connaître les circonstancesvariées qui donnent lieu aux combats des Reines entre elles, et ce qui résultede la substitution d’une Reine étrangère à la Reine naturelle; il expliqua l’ori-gine et l’histoire des essaims; il raconta la manière dont les larves filent lasoie de leur coque, et trouva la raison pour laquelle la coque des jeunes Reinesest ouverte à son extrémité; il prouva que le ' ' usage des antennes est

de permettre aux Abeilles de se distinguer les unes les autres; il observa lepremier la ventilation qu'opèrent les Abeilles pour renouveler l’air dans leurruche; il avait fait connaître l’origine de la Propolis, il éclaira par des expé-riences positives celle de la cire, qui était un point fort obscur de l’histoire desAbeilles; il distingua les Ouvrières qui la fournissent de celles qui la mettenten œuvre; enfin, après des essais ingénieux et multipliés, il réussit à forcer lesOuvrières de sculpter leurs cellules sous ses yeux.

Sous ses yeux! Ne rétractons pas cette expression, qui nous est échappée.Oui, ces deux hommes n’en faisaient qu’un ; ils s’étaient si bien identifiés l'unavec l’autre, que l'aveugle a pu dire dans ses Mémoires, avec une parfaite con-viction : J’ai vu... Et ce 11’étaient pas seulement ses yeux que Burnens prêtaità Iluber, car celui-ci, en perdant l’organe de la vue, ne pouvait se servir avecdiscernement de celui du loucher : il lui fallait donc les yeux et les mains d’unétranger. Or, jamais yeux 11e furent plus perspicaces, jamais mains plus ha-biles, que les yeux et les mains de ce paysan des Alpes . Mais ce qui centuplala valeur des services du fidèle Burnens, ce fut l’enthousiasme que son maîtresut lui inspirer pour l'histoire naturelle. Cet enthousiasme peut seul expliquerles prodiges de courage, de persévérance et de dévouement, auxquels Iluberdut le succès de ses expériences. Oh ! comme elles partaient du fond de l’âme,les exclamations de bonheur, les félicitations, les remereîments qu'IIuhcradressait à Burnens , quand il s’entendait annoncer par lui les laits dont sesméditations silencieuses et patientes avaient amené la découverte.

Il est impossible de se représenter sans émotion ce généreux domestiques'emparant d'un énorme guêpier, et le transportant au loin malgré les blessuresdouloureuses dont le criblent les Insectes qu'il a déplacés. Fallait-il explorer la