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Deuxieme partie.
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IX SK CT ES 11 Y.MÉNOi’TÊUES.

de son bonheur ; vantant la beauté d’un point de vue, la fraîcheur du colorisd’une femme, l’élégance d’une toilette, et répétant de la meilleure foi du monde :Je l'ai vue, je l’ai vue de mes propres ijeu-r. Nous vous parlerions de son goûtpour tous les arts, et. surtout de sa prodigieuse disposition pour la musique,qui lui fut d’un grand secours pendant sa vie enliére. 11 avait une voixagréable, et chantait avec un goût exquis la musique italienne. Grétrv luiavait donné des leçons de contre-point, et il était devenu habile harmoniste. —Pour corres. ’re plus sûrement avec ses amis, il avait fait fabriquer par unde ses domestiques une petite presse à caractères saillants, au moyen de laquelleil imprimait seul une lettre, qu’il pliait et cachetait lui-même, heureux de nepas dépendre d’un secrétaire pour scs correspondances confidentielles. Afin depouvoir se promener sans guide dans la campagne, il avait fait tendre dans lesallées des cordes munies de nœuds, (pii l’avertissaient de sa direction et de saposition. Il vécut ainsi jusqu'à quatre-vingt-un ans, et s’éteignit sans douleur etsans agonie entre les bras de sa fille : longue, belle et glorieuse vie, qui, en nousmontrant ce qu’a pu produire la force de volonté dans un aveugle, enseigneaux clairvoyants la résignation, le courage et la persévérance.

L’Abeille domestique n’est pas la seule espèce intéressante du grand genreApis, qui constitue la famille des Mellifères. Il y en a plusieurs autres dont lesmœurs méritent d’être étudiées: telles sont celles du sous-genre des Bourdons,qui ne diffèrent des Abeilles proprement dites que par les deux épines qui ter-minent leurs jambes postérieures. Leur corps est gros, très-velu, à poil dedifférentes couleurs, formant des bandes transversales sur l’abdomen et le cor-selet. Us ont les anlcnnes très-brisées, dont le premier article forme le quart,de la longueur totale; le corselet est très-grand; l’abdomen ovale, conique;les mandibules sont en cuiller. Ces Insectes, qui tirent leur nom du bruitqu’ils font entendre, forment des sociétés de soixante à trois cents individus.Chaque société se compose de Femelles, de Mâles et d’Ouvrières. Les Bour-dons construisent une demeure pour leurs petits, comme les Abeilles; maissi l’on compare les habitations des Bourdons, le petit nombre des Mouches quiy sont rassemblées, et les ouvrages dont elles sont remplies, avec la cité del’Abeille, celle-ci paraîtra, par rapport aux autres, ce qu’est une grande ville,très-peuplée et oû florissent les beaux-arts, par rapport à un simple village.Mais, dit agréablement Réanmur, après s’être plu à contempler les plus su-perbes villes, on peut aimer à s'instruire de la vie des villageois. Eludions doncles mœurs des Bourdons; vous n'v observerez pas les guerres de successionqui troublent si souvent le repos des ruches. Les Mâles ne sont pas massacrés,et plusieurs femelles vivent paisiblement sous le même toit. Les Ouvrières sontfécondes et pondent, au mois de juin, des œufs de Mâles, qui formeront sociétéavec les Femelles écloses en automne. Aux premiers froids, toute la nationpérira, mais les femelles tardives, qui auront échappé aux rigueurs de l'hiver,jetteront, au printemps suivant, les fondements d’une nouvelle colonie. Cer-taines espèces s’établissent dans les prairies, d’autres dans les plaines sècheset sur les collines. Ces cavités souterraines, d’une étendue assez considérable,sont en forme de dôme plus large que haut; leur voûte est construite avec de laterre et de la mousse ; une calotte de cire brute et grossière en revêt les parois