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que le trait a etc tracé d’avance sur la feuille pour indiquer la roule que lesdénis doivent suivre : ce trait va en s'approchant de la principale nervure jus-qu’à un certain point ; arrivé à ce point, il retourne vers le bord où est son ori-gine et s’y termine. L’Abeille qui coupe, comme si elle avait sous les yeux unpareil trait, avance donc d’abord vers la principale nervure : elle marche pours'en approcher, et c’est sur la partie même qu’elle a commencé à détacher etpassée entre ses jambes, qu'elle marche ; à mesure qu’elle avance d’un pas.ses dents sont en état de couper, et coupent plus loin ; le trait que nous avonssupposé tout à l’heure manque à l’Abeille, et cependant elle n’hésite pas plusque s’il la guidait. Itien ne l'arrête, quoique la pièce même qu’elle coupe sembledevoir l’embarrasser, surtout lorsque l'entaille commence à devenir profonde,et lorsque l’Abeille, après s’être approchée de la principale nervure, commenceà s’en éloigner, car la pièce qui est son seul soutien devient alors pendante :aussi ne se tient-elle plus précisément sur la tranche de cette pièce, ellecourbe et plie en deux la portion qui est entre ses jambes. Enfin, dans l’instanloù les derniers coups de mandibules vont être donnés à la petite portion qui tientencore, la pièce est toute pliée en deux et placée sous le ventre de l’Abeille quila serre avec ses sixpatles. Quand le dernier coup est donné, le support manquetout d’un coup à l’Insecte ; la pièce qui lui en servait, ne tenant plus à rien, elletomberait si elle ne se soutenait avec ses ailes : elle prend alors son vol, et partchargée du morceau de feuille qu’elle a coupé avec tant d’adresse et de célérité.
A quel usage destine-t-elle ces disques et ces ovales ? A la construction du nidde sa postérité 11 n’est pas facile de la voir y travailler, mais vous rencontrerezfréquemment de ces nids dans les jardins ou dans les champs. L ’Abeille coit-//eitse de feuilles choisit toujours un terrain élevé et battu, tel que les bordsd'uu chemin, et avec ses mandibules elle s’y pratique une petite cavité cylin-drique dont la direction est oblique ou presque horizontale. Quand ce trou estterminé, l’Abeille y entre, tenant entre ses pattes un morceau de feuille ovale ;là elle le déplie, l’applique contre les parois du trou cylindrique, et lui eu faitprendre la courbure ; mais en même temps ( et c’est peut-être le détail le plusintéressant de cette architecture ) elle plie et rapproche, dans le fond de la ca-vité, les extrémités des pièces ovales, de manière que ce fond se trouve tapissépar leurs bouts arrondis qui se recouvrent les uns les autres. Trois de cesmorceaux suffisent pour tapisser la cavité dans une longueur de six lignes; ilssont placés en recouvrement, c’est-à-direque l’un des côtésde la première feuilleest caché sous l’un de ceux de la seconde, et qu’un côté de celle-ci est caché demême sous un côté de la troisième. Figurez-vous une espèce de dé à coudre quia trois lignes de diamètre sur six de profondeur, et dont les parois sont tapisséespar trois folioles imbriquées. Ces folioles ne sont point collées les unes contre lesautres; l’Insecte a compté sur leur élasticité; et eu effet elles sont suffisam-ment retenues par le ressort de leurs nervures. Il’ailleurs, le pli qui ramèneleur petit bout en dessous contribue encore à les arrêter. Mais un étui si minet?n’est pas encore assez solide au gré de l’Insecte; pour soutenir les |epi|lçsdans les endroits où elles se croisent, et fortifier le tuyau, il a " uc troisnouvelles touilles, courbées en gouttières comme les premières, et pliées demême prés de leur bout; il a soin de les faire alterner avec les précédentes.