.•>•20
I N S KC. I i; S II Y M É N O l‘T É K K S.
seule entrée : il en est dont l'orifice répond à l’étage inferieur; vous pourrezencore y remarquer des carrefours très-larges où toutes les rues viennentabou-lir. Tel est à peu près l’esprit dans lequel sont construites les habitations deces Fourmis. Lorsqu’on les ouvre, on trouve les cases et les places les plus éten-dues remplies de Fourmis adultes; mais on voit toujours que leurs nymphessont réunies dans les loges plus ou moins rapprochées de la surface, suivantles heures ou la température ; car à cet égard les Fourmis sont douées d’unegrande sensibilité, et connaissent le degré de chaleur qui convient à leurspetits.
La fourmilière contient quelquefois plus de vingt étages dans sa partie su-périeure, et, pour le moins, autant au-dessous du sol. Combien de nuancesde chaleur doit admettre une telle disposition, et quelle facilité les Fourmis nese procurent-elles pas par ce moyen pour la graduer à volonté! Quand un so-leil trop ardent rend leurs appartements supérieurs plus chauds quelles ne ledésirent, elles se retirent avec leurs petits dans le fond de lu fourmilière. Lerez-de-chaussée devenant à son tour inhabitable pendant les pluies, les Four-mis transportent tout ce qui les intéresse dans les étages les plus élevés, et c’estlà qu’on les trouve rassemblées avec leurs nymphes et leurs oeufs, lorsque leurssouterrains sont submergés.
C’est déjà quelque chose que de connaître la disposition intérieure de cesfourmilières ; mais il s'agit en outre de savoir comment les Fourmis, travaillantdans une matière assez dure, ont pu ébaucher et finir des ouvrages aussi déli-cats, avec le seul secours de leurs dents; comment elles savent ramollir laterre pour la miner, la pétrir et la maçonner; quel ciment elles emploientpour joindre ensemble ces particules. Est-ce au moyen d’un mucilage, d’unerésine, ou de quelque autre suc tiré de leur propre corps et analogue à celuidont se sert l’Abeille maçonne pour bâtir le nid auquel elle donne tant desolidité?
Fendant les heures chaudes de la journée, les Fourmis brunes restent ren-fermées chez elles, parce qu’elles redoutent l'ardeur du soleil ; mais vous pour-rez remarquer que la fraîcheur et la rosée invitent ces Fourmis à se promenerhors de leur nid. Elles y pratiqueront de nouvelles issues, vous les verrez arriverplusieurs à la fois, mettre leur tète hors du trou en remuant leurs antennes etsortir enfin, pour aller et venir dans les environs. Si vous épiez les mouvementsde ces Insectes pendant la nuit, vous observerez qu’ils sont presque toujoursdehors, et occupés sur le dème de leur habitation après le coucher du soleil.C'est l’opposé de ce que nous avons vu chez les Fourmis fauves, qui ne sortentque le jour, et ferment leurs portes le soir. Mais le contraste sera encore plusfrappant si, pendant que vous examinez les Fourmis brunes, il survient unepluie douce ; c’est alors que vous les verrez déployer tous leurs talents pourl’architecture.
Dès que la pluie commence, elles sortent de leurs souterrains et rentrentaussitôt, mais reviennent ensuite, tenant entre leurs dents des molécules deterre qu’elles déposent sur le faîte de leur nid. Bientôt vous voyez s’élever detoutes parts de petits murs qui laissent entre eux des espaces vides ; puis sur-gissent des piliers placés à distance les uns des autres, et annonçant déjà la