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Deuxieme partie.
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H-2-2 INSECTES HYMÉNOPTÈRES.

de terre, reviendront les placer sur le faîte, et bâtiront sous vos yeux un étagecomplet en quelques heures.

Les Fourmis noir-cendrées ont une manière de bâtir toute différente. Lors-qu'elles veulent donner plus d’élévation à leur demeure, elles commencent paren couvrir le faîte d'une épaisse couche de terre qu’elles apportent de l'in-térieur, et c’est dans cette couche même qu’elles tracent en creux et en reliefle plan d'un nouvel étage; elles creusent d’abord çà et là, dans cette terremeuble, de petits fossés, d'une largeur égale à leur profondeur; les massifs deterre que ces fossés laissent entre eux doivent servir de hase aux murs inté-rieurs, de manière qu’il ne reste plus aux architectes qu’à en augmenter la hau-teur, et à recouvrir d’un plafond les loges qui en résultent.

Après les Maçonnes et les Charpentières , passons aux Fourmis Sculptcuses.Celle qui tient le premier rang est la Fuligineuse, espèce moins commune que lesprécédentes. Représentez-vous l’intérieur d’un arbre entièrement sculpté; desétages sans nombre, plus ou moins horizontaux, dont les planchers et les pla-fonds, distants de cinq à six lignes les uns des autres, sont aussi minces qu’unecarte à jouer; figurez-vous ces étages supportés tantôt par des cloisons verticales,tantôt par une multitude de colonnes légères, le tout d’un bois noirâtre et enfu-mé, et vous aurez une idée assez juste des cités populeuses de ces Fourmis. LaFourmi rouge sait sculpter dans les arbres des logements analogues, mais ilssont sur une plus petite échelle; ce qu’il y a de plus singulier dans l’histoiredes Fourmis rouges, c’est qu’outre leur talent pour la sculpture, elles sont en-core d’habiles Maçonnes , et établissent leur demeure dans la terre.

Enfin, il y a des Fourmis qui travaillent la sciure de bois. Telle est surtoutla Fourmi jaune, qui creuse d’abord dans les arbres de longues galeries, et lesdivise en compartiments au moyen de la vermoulure qu’elle mélange avec de laterre et des toiles d’Araignées, et dont elle se sert aussi pour calfeutrer le fonddes cases, et boucher les conduits inutiles.

Maintenant que vous connaissez l’architecture des Fourmis, et que nous lesavons établies dans leurs demeures, étudions leurs autres travaux. Iluber fils apu les observer au moyen d’un châssis vitré, garni de volets, qu’il ouvrait avecdiscrétion, afin de ménager le goût des Fourmis pour l’obscurité. Nous parle-rons d’abord des tendres soins que les Ouvrières ou Neutres prodiguent auxlarves et aux nymphes.

Les larves éclosent quinze jours après la ponte ; elles ressemblent à de petitsVers blancs, gros, courts, sans pattes, et d’une forme presque conique; leurcorps est composé de douze anneaux, sa partie antérieure est plus menue etcourbe. On remarque à la tête deux petites pièces écailleuses, qui sont deux es-pèces de crochets; au-dessous de ces crochets, quatre petites pointes ou cils,deux de chaque côté, et un mamelon presque cylindrique, par lequel la larvereçoit la becquée dégorgée par les Ouvrières. Les soins que les Fourmis Neu-tres prennent des larves ne se bornent pas à la nourriture, elles veillent sanscesse auprès d’elles, dressées sur leurs pattes, et le ventre en avant, prêtes àlancer leur venin. Elles sont sans cesse occupées à préserver leurs pupilles detous les accidents auxquels les expose leur extrême jeunesse; et le dévouementde ces bonnes nourrices est ingénieux autant que persévérant.