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Deuxieme partie.
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I N S K C T K S 11 Y M ÉN 01*T fc IS ES.

pour tirer l lnsecte Je sa cellule, elles en agrandissent l'ouverture ; à cet elïet,elles en coupent une bande longitudinale à l’aide de leurs mandibules, qu’ellesemploient comme nous emploierions une paire de ciseaux.

Une sorte de fermentation règne dans la fourmilière autour du nouveau-nè ;les Fourmis , occupées à le dégager de ses entraves, se relèvent et se reposenttour à tour, puis reviennent avec empressement seconder leurs compagnes danscette entreprise. L’une relève la bandelette coupée dans la longueur de la coque,tandis (pie d'autres tirent doucement le jeune Insecte de sa loge natale. 11 ensort enfin, mais il a encore besoin des Ouvrières; il ne peut ni voler, ni mar-cher, ni même se tenir sur ses pattes; une dernière membrane emmaillottetout son corps, et il ne sait pas la rejeter de lui-même. Les Ouvrières le se-courent encore dans ce nouvel embarras; elles le dépouillent delà pellicule sa-tinée dont toutes les parties de son corps sont revêtues, tirent délicatement lesantennes et les palpes de leur fourreau, délient les pattes et les ailes, dégagentle corps, l’abdomen et son pédicule. Alors l’Insecte peut marcher et manger;aussi la première attention de ses gardiennes est-elle de lui dégorger une nour-riture appropriée à ses besoins.

En admirant cette assiduité des Ouvrières à l’égard des petits, vous vous de-mandez par quel lien la nature a su les attacher aux enfants d’une autre mère?Cette question mériterait d’être traitée avec plus d’étendue et de profondeurque nos connaissances ne le permettent, mais on peut entrevoir le secret del'affection singulière des Ouvrières dans la ressemblance qu’elles ont avec les fe-melles. Ce sont, en ell'et, de véritables femelles stériles, auxquelles le Créateura imposé les devoirs de la maternité, sans leur accorder le titre de mères, etchez lesquelles, dit Iluber, le moral s’est développé aux dépens du physique.

Nous vous avons dit que les Mâles et les Femelles sont ailés, l’eu après leurnaissance, les mâles sortent de la fourmilière, et les femelles ne tardent pas àles suivre. Si vous vous promenez dans une prairie par un beau jour d’été, laFourmi îles gazons vous permettra d’observer cette migration; vous les verrezsortir par centaines de leurs souterrains, et promener leurs ailes argentées ettransparentes à la surface du nid; un nombreux cortège d’Ouvrières les accom-pagne sur toutes les plantes qu’ils parcourent. Le désordre et l’agitation régnentsur la fourmilière; l’effervescence augmente à chaque instant; les Insectes ailésmontent avec vivacité le long des brins d’herbes, et les Ouvrières les y suivent;courent d’un Mâle â l’autre, les touchent de leurs antennes, et leur offrent de lanourriture. Les Mâles quittent enfin le toit paternel ; ils s’élèvent dans les airscomme par une impulsion générale, et les Femelles partent après eux. La troupeailée a disparu, et les Ouvrières retournent encore quelques instants sur lesIraces de ces êtres favorisés, qu’elles ont soignés avec tant de persévérance, etqu'elles ne reverront jamais.

En effet, ces Fourmis qui viennent de se rassembler dans les airs ne doiventplus reparaître dans leurs foyers. Elles ne tournoient pas autour de leur domi-cile avant de s’en écarter, afin de pouvoir en examiner la position et les alen-tours (ainsi que le font les Abeilles quand elles sortent de leur ruche pour lapremière fois) ; elles s’écartent de la fourmilière en lui tournant le dos, et vonten ligne droite à une distance qui ne leur permettrait pas même de l'aperce-