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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES II ÉT ÉIU) G Y N E S.

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voir. Que vont devenir ces Insectes habitués à vivre dans une demeure com-mode, spacieuse et à l’abri de toutes les intempéries de l'air, accoutumés auxsoins des Ouvrières, et tout à coup livrés à eux-mêmes, et privés de tous cesavantages?

Les Mâles ne tardent guère à périr; privés de leurs nourrices, incapables depourvoir d’eux-mêmes à leur subsistance, et ne devant plus retourner à lafourmilière qui les a vus naître, comment pourraient-ils exister longtemps?Ou leur vie est naturellement bornée à quelques semaines, ou la faim doit enterminer promptement le cours. Quoi qu’il en soit, ils disparaissent bientôt,mais ils ne sont jamais victimes de la fureur des Ouvrières, comme ceux desAbeilles.

Quant aux Femelles, Huber s’est assuré que, peu de temps après leur départ,elles se débarrassent de leurs ailes ; ayant remarqué que des Femelles, qu’il avaitvues ailées un instant auparavant, en étaient tout à coup dépourvues, et voyantses ailes dispersées sur le sol, il mit une Femelle ailée sous une cloche de verre ;elle conserva ses ailes; il mit un peu de terre sous la cloche, aussitôt elle éten-dit ses ailes avec effort, et, les faisant venir en avant de sa tête, elle les croisadans tous les sens, les renversa d’un côté, puis de l’autre, et fit de si singulièrescontorsions, que ses quatre ailes tombèrent à la fois. Après cette expédition,elle se reposa, brossa son corselet avec ses pattes, et se promena sur la terre, oùelle parut chercher un gîte; elle se cacha enfin sous quelques morceaux deterre, qui formaientune petite grotte naturelle, lluber répéta cette expérience ungrand nombre de fois, et obtint toujours le même résultat.

Quelle est la destinée des Femelles qui se sont ainsi mutilées? Dès qu’ellesont perdu leurs ailes, on les voit courir sur le terrain et chercher un gîte; ilserait bien difficile de les suivre dans les tours et détours qu’elles font alors aumilieu des champs et des gazons. Mais lluber a fait des expériences qui lui ontdémontré que ces Femelles, qui n’étaient appelées à aucuns travaux dans lesfourmilières natales, et paraissaient incapables d’agir, animées par l'amourmaternel et le besoin de faire usage de toutes leurs facultés, deviennentlaborieuses, et soignent leurs petits aussi bien que les Ouvrières. 11 enfermaplusieurs Femelles fécondes dans un bocal plein de terre humide; elles s’ypratiquèrent des loges, pondirent, joignèrent leurs œufs et les larves quien sortirent; à d’autres Femelles il confia des nymphes, et il les vit tra-vailler à délivrer ces nymphes de leur coque; elles s’y prenaient comme lesFourmis ordinaires, et 11 e paraissaient point embarrassées d’un rôle qu’ellesremplissaient pour la première fois. Enfin, pour confirmer tous ces faits, iltrouva la retraite d'une de ces Femelles et la fourmilière naissante qu’elle avaitétablie : ce nid était situé à peu de profondeur dans la terre; on y voyait unpetit nombre d’Ouvrières auprès de leur mère, et quelques larves quelles nour-rissaient.

Mais toutes les femelles ne doivent pas s’éloigner de la métropole ; il fautqu’il en reste quelques-unes pour subvenir à sa population; et voici commentla nature a prévenu la désertion des femelles, dont la fourmilière est menacée.Au moment où elles vont prendre leur essor, les Ouvrières en retiennent plusieurspar les pattes, s’y cramponnent avec force, leur arrachent les ailes, et les condui-