FAMILLE DES 11 ET EK OG Y N ES.
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Mais le lendemain, notre observateur découvrit la trace d'une de ces bordesbelliqueuses; il vit eu sortir une colonne expéditionnaire qui alla envahir uneautre fourmilière de Noir-Cendrées, et en rapporta le même butin que la veille,c'est-à-dire des larves et des nymphes; il la vit retourner à son habitation; maisy étant arrivé avant elle, il ne lut pas peu surpris en voyant à la surface decette fourmilière un grand nombre de Noir-Cendrées qui y circulaient paisi-blement. Bientôt arriva à la porte du nid la légion chargée des trophées de lavictoire; son retour ne causa aucune alarme aux Noir-Cendrées; les unes dé-barrassèrent les Amazones de leur fardeau, les autres les touchèrent de leurs an-tennes, leur donnèrent à manger, et toutes descendirent avec le butin au fondde l’habitation.
Iluber, impatient de connaître les relations mutuelles des deux espèces deFourmis , qui vivaient ainsi sous le même toit, dérangea à dessein une de cesfourmilières mixtes; il y trouva les deux races mélangées; les Noir-Cendréess’occupèrent tout de suite à rétablir les avenues, à creuser des galeries, et à em-porter dans les souterrains les larves et les nymphes qui venaient d'être misesà découvert. Les Roussdlres, au contraire, passèrent indifféremment sur ceslarves sans les relever, ne se mêlèrent point aux travaux des Noir-Cendrées,errèrent quelque temps à la surface du nid, et se retirèrent enfin pour la plupartdans le fond de leur citadelle. Iluber, ayant examiné avec soin tout ce que con-tenait la fourmilière mixte, s'assura qu’elle appartenait à la nation amazone,qu’elle se composait de trois sortes d’individus de celle espèce, et qu'elle nerenfermait que des Ouvrières de l’espèce Noir-Cendrées ; ces Ouvrières n’étaientautres que les larves et les nymphes enlevées par les Amazones. Elles s’étaientdéveloppées dans la fourmilière ennemie, et étaient devenues les ménagèresdes Insectes conquérants qui les avaient arrachées du foyer paternel.
Vous comprenez maintenant le mystère de la réunion des Noir-Cendrées avecles Roussâires : les Noir-Cendrées élevées au milieu d’une nation étrangère,non-seulement vivent en paix avec leurs ravisseurs , mais elles donnent tousleurs soins aux larves de ces Fourmis, à leurs nymphes, à leurs Femelles, àleurs Mâles, à elles-mêmes enfin, en même temps qu’aux nymphes de leurespèce qu’on apporte dans la fourmilière. Sans se douter qu'elles sont chezdes ravisseurs qui les ont enlevées à leur patrie, elles vont pour eux aux provi-sions, les nourrissent, bâtissent leur habitation, creusent de nouvelles galeries, etgardent même l’extérieur du nid lorsque les Amazones sont en campagne. Celles-ci, tranquilles au fond de leur souterrain, attendent l’heure du départ, et ré-servent toutes leurs forces, tout leur courage, toute leur tactique pour allerchercher dans une fourmilière voisine des milliers de larves «ju’elles contientà leurs ménagères, et qui deviennent à leur tour utiles à la communauté.
Ces Amazones, incapables de travaux paisibles, n’ont qu’un seul objet dansleurs excursions, celui d’enlever des Fourmis , pour ainsi dire, au maillot, chezun peuple laborieux, et de s’en faire des hôtes qui travaillent pour elles, quiélèvent leurs petits et leur fournissent des vivres; c’est pour cela qu'elles nes’emparent jamais que des larves d’Ouvrières ; les Mâles et les Femelles leurseraient au moins inutiles; d'ailleurs l'enlèvcmeulde ces derniers entraîneraitla destruction des fourmilières Noir-Cendrées, et par contre-coup celle des four-