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Deuxieme partie.
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miliùres Amazones : aussi la Nature u'a-t-elle permis à celles-ci de faire leurinvasion que depuis juin jusqu’à septembre, c’est-à-dirc après la métamorphoseet la migration des Femelles : c’est par la même raison que les Amazones necherchent point à tuer leurs ennemies, mais seulement à ravir leurs petits.

11 y a tel colon des Antilles qui, en entendant ces particularités de l’histoiredes Fourmis, s’écrierait d’une voix ’ : « Le verset (i du chapitre Y

des Proverbes n’a pas été compris! quel était le fond de la pensée de Salomon,quand il a dit : Paresseux, va vers la Fourmi, considère ses voies, et devienssage'! Cela signifie que, quand on ne peut pas se servir soi-mème, il faut sefaire servir par les autres ; cela signifie que les Fourmis noir-cendrées sont lesnègres des Fourmis roussâlres ; cela signifie que la traite des noirs n’est pas uneinvention de l’homme, et ([ue la Providence nous la conseille par la bouchedu plus sage des rois. »

Cette mirifique interprétation des livres saints (qui n'est pas une supposi-tion faite à plaisir) ne justifie en rien la doctrine de l’esclavage : il s’agit icid’espèces différentes, et les travaux ne sont pas forcés. Le Créateur a vouluque certaines Fourmis s’associassent des ouvrières d'une espèce laborieuse,qui élèveraient leurs petits et pourvoiraient à leur subsistance, tandis qu’a-données aux entreprises guerrières, et passant des combats à l’oisiveté, ellesjouiraient de l’industrie, de l’affection et des soins de ces Fourmis étrangères.Mais avec quelle prudence, avec quelle sagesse a été établie chez ces Insectesl’institution que les hommes ont imitée avec tant de barbarie! Là, point deservitude, poiiil d’oppression, point de violence ! les Ouvrières ignorent qu elleshabitent un nid étranger; tirées de vingt fourmilières différentes, elles viventsous le même toit comme si elles étaient sœurs, et leur affection ne distingueles Amazones que pour leur prodiguer plus de soins. Si les Amazones eussentenlevé des Fourmis adultes, celles-ci, privées d'une patrie dont elles avaientcommencé à jouir, eussent eu la conscience de leur malheur, et seraient réelle-ment esclaves; mais, loin d’ètre assujetties à aucune tyrannie, les Ouvrièresnoir-cendrées possèdent dans la fourmilière une véritable autorité. Ce sontelles qui jugent de l’opportunité des migrations, qui en donnent le signal, etqui choisissent un site convenable. Les excursions des Amazones qui doiventpeupler la cité ne se font qu’à leur instigation ; et lorsque celles-ci reviennentsans butin, ce qui leur arrive quelquefois, elles sont très-mal reçues par lesOuvrières noir-cendrées, qui les assaillent individuellement, les tiraillent, lesentraînent hors du nid, et les obligent même à se défendre.

Quand le nid est nouvellement construit, les Amazones s’égarent dans lesgaleries, et ne retrouveraient jamais leur chemin sans les soins oflicieux desNoir-Cendrées, qui les guident et les portent dans les diverses localités de lafourmilière; elles sont également incapables de prendre leur nourriture, et nelarderaient pas à mourir de faim, si les Noir-Cendrées ne la leur donnaientpas régulièrement. Voilà, certes, un esclavage assez bizarre, et la dépendanceon sont les Amazones de leurs humbles compagnes doit faire regarder celles-cicomme de véritables servantes-maîtresses.

Les Fourmis sanguines sont des Amazones comme les Houssâtres, mais ellesvivcnl.de proie vivante, tandis que les Roussâlres sont frugivores. Leur industrie