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Deuxieme partie.
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FAMILLE DES II ÉTÉ KO G Y N ES.

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est aussi plus variée que celles de ces dernières. Elles cherchent elles-mêmesleur nourriture : elles vont à la chasse de certaines petites Fourmis dont ellesfont leur pâture : elles ne sortent jamais seules, on les voit aller par petitestroupes, s'embusquer près d'une fourmilière, attendre à l’entrée qu’il en sortequelques individus, et s’élancer aussitôt pour les saisir. Les antres Insectesqu'elles rencontrent sur leur chemin deviennent aussi leur proie quand ellespeuvent les arrêter. Ecoutons maintenant Iluber, il va nous donner une idéede leur tactique :

« Le 15 juillet, dit-il, à dix heures du matin, la fourmilière Sanguine envoieen avant nue poignée de ses guerriers : cette petite troupe marche à la hâtejusqu'à l’entrée d’un nid de Noir-Cendrées, situé à vingt pas delà fourmilièremixte : elle se disperse tout autour du nid. Les habitants aperçoivent cesétrangères, sortent en foule pour les attaquer, et en emmènent plusieurs en cap-tivité ; mais les Sanguines n’avancent plus, elles paraissent attendre du secours ;de moments en moments je vois arriver de petites bandes de ces Insectes quipartent de la fourmilière Sanguine, et viennent renforcer la première brigade.Elles s’avancent alors un peu davantage, et semblent risquer plus volontiersd’en venir aux prises; mais plus elles s’approchent des assiégées, plus elless’empressent d’envoyer vers leur nid des espèces de courriers. Ces Fourmis,arrivant en hâte, jettent l’alarme dans la fourmilière mixte, et aussitôt nunouvel essaim part et marche à l'armée ; les Sanguines ne se pressent point en-core de chercher le combat; elles n’alarment les Noir-Cendrées que par leurseule présence; celles-ci occupent un espace de deux pieds carrés au devantde leur fourmilière : la plus grande partie de la nation est sortie pour attendrel’ennemi.

« Tout autour du camp on commence à voir de fréquentes escarmouches, etce sont toujours les assiégées qui attaquent les assiégeantes. Le nombre desNoir-Cendrées, assez considérable, annonce une vigoureuse résistance ; maiselles se défient de leurs forces, et songent d’avance au salut de leurs petits.Longtemps avant que le succès puisse être douteux, elles apportent leurs nym-phes au dehors de leurs souterrains, et les amoncellent à l’entrée du nid, ducôté opposé à celui d’où viennent les Sanguines, afin de pouvoir les emporterplus aisément si le sort des armes leur est contraire. Leurs jeunes femellesprennent la fuite du même côté; le danger s’approche ; les Sanguines, se trou-vant en force, se jettent au milieu des Noir-Cendrées, les attaquent sur tous lespoints, et parviennent jusque sur le dôme de leur cité. Les Noir-Cendrées, aprèsune vive résistance, renoncent à la défendre, s’emparent des nymphes qu’ellesavaient rassemblées hors delà fourmilière, et les emportent au loin. Les San-guines les poursuivent et cherchent à leur ravir leur trésor. Toutes les Noir-Cendrées sont en fuite ; cependant on en voit quelques-unes se jeter avec unvéritable dévouement au milieu des ennemis, et pénétrer dans les souterrainsdont elles soustraient encore au pillage quelques larves, qu’elles emportent àla hâte.

« Les Fourmis sanguines pénètrent dans l’intérieur, s’emparent de toutesles avenues et s’établissent dans le nid dévasté ; de petites troupes arrivent alorsde la fourmilière mixte, et l’on commence à enlever ce qui reste de larves et