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Deuxieme partie.
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L N S E G T K S 11 Y M K N 0 P T F, H K S

•S.ïti

de nymphes. 11 s’établit une chaîne continue entre les deux cités, et la journéese passe de cette manière. La nuit arrive avant qu’on ait transporté tout lebutin : un bon nombre de Sanguines restent dans la place prise d’assaut, et lelendemain, à l’aube du jour, elles recommencent à transférer leur proie : quandelles ont enlevé toutes les nymphes, elles se rendent, l’une portant l’antre,dans la fourmilière mixte, jusqu’à ce qu'il n’en reste qu’un petit nombre.

« Mais j’aperçois quelques couples aller dans un-sens contraire; leur nombreaugmente; une nouvelle résolution a sans doute été prise chez ces Insectes,vraiment belliqueux ; un recrutement nombreux s’établit sur la fourmilièremixte en faveur de la ville pillée, et celle-ci devient la cité Sanguine : tout y esttransporté avec promptitude; nymphes, larves, Mâles et Femelles, auxiliaireset Amazones , tout ce que renferme la fourmilière mixte, est déposé dans l'ha-bitation conquise, et les Fourmis sanguines renoncent pour jamais à leur an-cienne patrie : elles s’établissent au lieu et place des Noir-Cendrées, et de làentreprennent de nouvelles invasions. »

Nous vous avons exposé les moeurs des Fourmis indigènes, qui ne sont bienconnues que depuis quarante ans, grâce aux belles observations d’ITuber. 11nous reste à vous parler des Fourmis exotiques, dont plusieurs sont beaucoupplus nuisibles à l’homme que les précédentes. On trouve dans les forêts delàGuyane des fourmilières qui forment des pyramides tronquées de vingt piedsd’élévation sur quarante de base. Les cultivateurs sont obligés d’abandonnerun nouvel établissement, lorsqu’ils ont le malheur d’v rencontrer une pareilleforteresse, à moins qu’ils ne soient en mesure d’en faire le siège en règle.Latreille rapporte que cela est arrivé à M. de Préfontaine, lors de son premiercampement à Kourou . Il fut obligé de faire creuser une tranchée circulaire,qu’il remplit d’une grande quantité de bois sec, autour d’une de ces fourmi-lières; et après y avoir mis le feu sur tous les points de sa circonférence, ill’attaqua à coups de canon. «En voyageant dans la Guyane , dit le capitaineSledman, nous étions continuellement assaillis pendant le jour par des ar-mées entières de petites Fourmis, appelées ici Fourmis de feu, à cause de ladouleur que fait leur morsure. Ces Insectes sont noirs et des plus petits.; maisils s’amassent en tel nombre que, souvent, par leur épaisseur, leurs fourmi-lières nous obstruaient le passage, et quand, par malheur, on passait des-sus, on avait les pieds et les jambes couverts de ces animaux, qui saisissent lapeau si vivement avec leurs pinces, qu’on leur séparerait la tête du corps plu-tôt que de les faire lâcher prise. L’espèce de cuisson qu’ils occasionnent nepeut, à mon avis, provenir seulement de la forme acérée de leurs mandibules;je pense quelle est produite par quelque venin qu’ils font couler dans lablessure. Je puis assurer que je les ai vues causer un tel tressaillement à unecompagnie de soldats, qu’on eut dit qu’ils venaient d’être échaudés par de l’eaubouillante. »

Nous finirons l’histoire des Fourmis par celle de I’Atte cépualote (For-mica cephalotes, de Linné), dont mademoiselle de Mérian raconte des faitsmerveilleux dans son histoire des Insectes de Surinam . Cette Fourmi est re-marquable par la grosseur énorme de la tête chez les Ouvrières. Le corps estd’un brun marron, pubescenl ; la tête luisante, érhancrée et armée en arrière