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ne peut exister sans un conservateur vigilant. C’est déjà une complète que laprise d'un Papillon : il faut, ou le saisir au vol, ou le surprendre lorsqu’il estposé. On ne doit pas songer à l'attraper avec les doigts, cela est souvent im-possible, et toujours préjudiciable à la fraîcheur de l’Insecte, que le moindrecontact dépouille des tines écailles qui font sa beauté. Pour posséder un Pa-pillon sans le déshonorer, il faut se servir d’un filet. Cet instrument consisteen une poche de gaze, ayant dix-huit pouces de profondeur, et adaptée, aumoyen d’une coulisse, à un cercle de fer dont le diamètre est de dix pouces. Cecercle est divisé en deux parties égales, s’ajustant l’une à l’autre, et recevantune vis, enfoncée dans une canne de deux pieds et demi de longueur.
Pour attraper un Papillon qui est posé sur une fleur, il faut s’en approcheravec précaution, et surtout lui dérober l'ombre du lilet ; on doit faire partirl’instrument de droite et de gauche et horizontalement. Quand le Papillon estdans la poche, on tourne lestement la main, de manière à en fermer l’entrée,puis on cerne le prisonnier dans un des coins du filet, on lui presse les côtésde la poitrine entre le pouce et l'index, et on le pique sur le milieu du cor-selet, entre les pattes de la seconde paire. On prend de même le Papillon auvol : s’il est à terre, on pose dessus le cercle de l'instrument. ; puis on lève lagaze pour l’exciter à monter; s’il est sur un troncd’arbre ou contre un mur, onle prend de bas en haut, en ayant soin de tourner rapidement le cercle pourque la poche se ferme.
L'Insecte pris, il faillie préparer. Afin de jouir pleinement de. la beauté, desLépidoptères, on étale horizontalement leurs ailes en leur donnant à peu prèsl’attitude du vol ; mais il faut, pour le succès de cette opération, que l’Insecteait conservé toute sa souplesse, qui disparaît ' _ es jours après sa mort.Pour la lui rendre, on le pique sur un rond de liège, et on le place dans uneterrine pleine de sable humide, que l’on couvre avec une cloche de verre. Lavapeur d’eau qui se dégage sous celte cloche pénètre bientôt tout le corps duPapillon , et le ramollit assez au bout de vingt-quatre heures pour que ses ailespuissent prendre toutes les directions. C'est alors qu’on peut l 'étaler. On se sertpour cela d’une planchette en bois tendre, au milieu de laquelle il y a une rai-nure profonde de six lignes, et large en proportion delà grosseur du corps del’animal. On enfonce dans le milieu de la rainure l’épingle qui traverse le cor-selet du Papillon; puis, avec une aiguille très-fine qu’on pique au-dessous dela plus forte nervure, près du corps, on conduit successivement les ailes supé-rieures, jusqu'à ce que leur extrémité dépasse raisonnablement celle de la tète,On conduit de même les ailes inférieures, jusqu'à ce qu’elles soient un peu re-couvertes par les supérieures. Quand les quatre ailes sont bien en place, on lescomprime avec deux bandes de papier, dont on arrête les extrémités sur lebois avec de fortes épingles, on mieux des aiguilles garnies d’une tête de cire.Après cela, on ôte l’aiguille de chaque aile, puis on arrange les pattes, les an-tennes et la trompe — En étalant les (Irépnsrulaires et les Nocturnes, on doit,autant que possible, faire passer le crin écailleux qui garnit le bord externe dessecondes ailes dans la coulisse qui se trouve sous les premières : par ce moyen,on entraîne les deux ailes à la fois, et l’on est dispensé de piquer les inté-rieures.