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Tome premier.
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Le 5 Juillet 1691 sur les dix heures dusoir on assassina à Lyon dans une cave , unMarchand de vin 8c fa femme. Le meurtrefut exécuté avec tant de silence , que lesMeurtriers s'enfuirent fans qu’on s’en upper-cut. Comme les perquisitions qu’on en fitfurent inutiles, un Quidam touché de l’énor-mité du crime , crut que la Baguette divina-toire de J acques Aimar , dont il connoiííoitdes merveilles , pouvoir feule découvrir cesassassins. Il lui écrivit ; le fit venir à Lyon 8cle présenta au Procureur du Roi. JacquesAimar assura que pourvu qu’on le menât aulieu où l’aísassinat avoir été commis , pour yprendre son impre/son , il iroit certainementfur les pas des coupables, & les découvriroiten quelque lieu qu’ils fulíenr. Ce qui fut ditfut fait. Aïant donc pris là son impression,Jacque Aimar guidé par ía Baguette passa partoutes les rues par où les ailallins avoientfui. Il sortit de la ville , 8c fa Baguette leconduisit dans la maison d’un Jardinier oùil fut éclairci du nombre des scélérats. SaBaguette même tourna fur une bouteille àlaquelle ils avoient touché. Enfin ce mer-veilleux instrument le conduisit par diftérensdétours à Beaucaire, où il découvrit un com-plice, qui avoua à Lyon avoir passé par lesmêmes endroits que Jacques Aimar.

A peine la nouvelle de la prise du cou-pable fut répandue, que les Savans 8c lesCurieux s'empressèrent de vérifier le fait 8cde le constater. Ils conduisirent le Païfan àla cave , 8c lui par le mouvement de ía Ba-guette, marqua les places où l’alsassinat avoirété commis. Des expériences d’un autre partfavorisèrent encore la vertu de cette Baguet-te, ( V. le Traité de la Baguette divinatoire parM. l’Abbé de Vallemont, ) au point qu’ilparut bientôt des systèmes pour rendre lachose probable. Un de ces hommes, que lemerveilleux n’estraïe pas, 8c qui le saventdémêler au travers del’imposture, ne fe laissapas éblouir par toutes ces apparences surna-turelles. Il fit venir Jacques Aimar , lui ferrales pouces , 8c lui fit convenir que cette pré-tendue vertu de la Baguette divinatoire dé-pendoit des connoissances qu’il avoir eude ce crime. J’ai lû quelque part ce traitdans le Diclionnaire Hisorique & Critique deBayle ; mais je. ne me souviens ni du volu-me ni de Ia page ; 8c j’estime le sujet tropfrivole pour me donner la peine de le cher-cher.

Une autre preuve de la friponnerie deJacques Aimar , c’est celle qu’ont donnéMessieurs de l’AcadémieRoïale des Sciences.Celle-ci est dans le Tome II. de l'Architecturehydraulique de M. Belidar, page 343. On

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lit que M. Colbert , aïant appris les merveil-les que Jacques Aimar pubiioit, le fit pré-senter à l’Académie par M. l’Abbé Gallois.On le conduisit à la Bibliothèque du Roi oùl’Académie tenoit alors les séances. M. l’Ab-bé Gallois montra à Jacques Aimar , en pré-sence de l’Assemblée , une bourse pleine delouis d’or, 8c lui dit qu’il falloir enterrerdans le jardin pour la cacher, 8c qu’on ver-roit ensuite s’il la découvriroit. Après avoirremué la terre en quelqu’endroit il vient re-joindre l’Assemblée , 8c dit à Jacques Aimarqu’il pouvoit entrer 8c frire mouvoir la Ba-guette. M. Gallois l’enferma. Quelque temsaprès on ouvre la porte pour savoir íì Jac-ques Aimar avoir fait son opération. Elleest faite, dit le Païfan, 8c j’ai à me plaindrequ’on m’aie laissé enfermé si long tems. Jefais, ajouta-t’il , que la bourse est au pieddu mur du côté du cadran. Alors M. l’AbbéGallois , qui au lieu d’avoir enterré cettebourse , savoir adroitement donnée à garderavant même que d’entrer dans le jardin, asind oter tout prétexte , la reprit 8c la montra àJacques Aimar , pour le convaincre de sonimposture. L’histoire dit , que ce fut uncoup de foudre pour ce Païfan , de voirtoute fa réputation perdue, 8c qu’il fe reléguadans son pais couvert de confusion 8c dehonte.

Des personnes qui font persuadées que Ai-mar étoit un imposteur , assurent cependantque la Baguette tourne fur les sources, 8cque c’est un fait qu’il y auroit du ridicule derévoquer en doute. Je ne nie pas le fait :maisjefoutiensquela cause du tournoîementde la Baguette vient de la chaleur des mainsde celui qui la ferre. M. Oqanam indique dansfes Récréations Mathématiques , la maniéréde faire tourner un oiseau tout seul à la bro-che , jusques à ce qu’il soit cuit. Le secretconsiste à embrocher cet oiseau, ( qui doitêtre petit ) dans une branche de coudrier, &de le mettre ainsi au feu. La chaleur dilateles fibres du bois , qui ne peuvent s’allongerfans faire tourner la branche. Cela n'empê-che pas que les vapeurs des sources jointes àla chaleur des mains ne contribuent au tour-noîement, 8c que la Baguette ne puiíïè iciindiquer une source ; mais il ne faudra pasconclure toutes les foisqu’elíe tournera,qu’il'ya une source. Le P. Regnault a rendu raisonde cet effet dans fes Entretiens Physiques.Pour fe prévenir contre toutes les faussetésqu’on a débitées fur la Baguette , on peut lireles Lettres qui découvrent les illusions de laBaguette divinatoire , opposées au Traité dela Baguette de M. l’Abbé de Eii Union t.

A qui devons-nous la Baguette div.mztoì-

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