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Tome premier.
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FEU

Feu Sc de le conserver : maïs il est quel- j•quefois bien imporcant de le savoir eteincjre. |l } ar ce que j’ai du tout àl heure, on juge aisé-ment qu’il n’y a qu'à supprimer l’un de cestrois agens, qu’on vient devoir; ce qui fefait en arrêtant la circulation de l’air. Quandle Feu prend à une cave , on n’a qu a bou-cher tous les soupiraux: il est bien tôt éteint.Le/V«elt-il à une cheminée? un drap mouil-lé étendu devant la cheminée, ou une bottede soin mouillée placée dans le tuiau , pré-vient l’incendieq,Qu’on tire encore un coupde fusil dans le tuiau , asin de causer unegrande commotion Sc une dilatation à l’air ;le iù/rdisparoît sûr le champ, pourvu que lecoup ait été alsez violent, pour suffoquer enquelque lotte la circulation de cer élément,iur ce principe, les Allemands ont imaginéun more n allure déteindre le Feu dans lesincendies. Ce moïen p a Isa en France pen-dant quelque rems pour un tecrei extraor-dinaire. Meilleurs de l’Académie Roïaledes Sciences turent invités à être témoins de -l’expértence, qui fut faite dans une cave &cdans une eípece de baraque , bâtie à l’avant-cour des Invalides.

La baraque étoit construite fur un planquarré , dont chaque côté avoir environ 18pieds. Sa hauteur étoit de 10 pieds ;& laflamme étoit répandue de tous côtés dans lacave & dans cette elpece de mailon. Les Al-lemands le présenteront, Sc dillìperenc toutà coup ce grand embrasement.

Dans un baril plein d’eau environ de npouces de hauteur & de 13 pouces de dia-mètre , étoit suspendu au milieu une boetede fer blanc cylindrique de 4 pouces de dia-mètre, contenant deux livres de poudre àcanon. La boete étoit terminée par un longcol qui alloit traverser un des fonds du baril.Une fusée, enfermée dans ce longeai, portoitle Feu de dehors en dedans. A tant alluméla fusée, on pouffa le baril aulsi avant dansl’incendie qu’il fut possible. bien tôt la boeteSc le baril creverent, Sc la flamme s’éteignittout à coup. Pourquoi? Parce que la circu-lation de l’air fut interrompue. Car la pou-dre allumée aïant brilé la boete ; défoncéle baril ; fait fauter les cercles, Sc lancé detoutes parts une infinité de jets d’eau , com-prima à la ronde l’air circonvoiíïn ; refferralaflamme de l’incendie par fa pression ; la dé-tachais lui fit quitter prise. L’eau disperséefur cette flamme acheva de {'étouffer. E11humectant les corps combustibles elle désunitle cours des matières ignées qui les dévo-roient. Il y a plus : comme elle prend la placede ces parties, elle empêche 1W de les pé-Tome L

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| nerrer. ( Foìei les Mémoires de L'Académie ,

O11 prétend qu’il y a un animal appelleSalamandre , qui ne craint pas le Feu. Pen-dant iong-tems on a douté du fait, qui vé-ritablement est incroïable. Cependant quandon fait de quelle façon cette bête se garantitde l’ardeur de cet élement, on est pluscrédule. M. St.non , grand anatomiste , arapporté {'expérience qu’avoit fait le Cheva-lier Corvini fur ce sujet, dans le Journal desSavans de 1667, mois d’Avril. Une Salaman-dre qu’on difoit apportée des Indes lui futprésentée. Il la jetta dans un grand bra-sier. L’animal s’enfla d’abord , Sc vomit unematière liquide , dont elle éteignit les char-bonscirconvoisins.Par cemoïen elle fe garantiedu Feu , en éteignant avec la même matièreles charbons lorsqu’ils fe rallumoienr. Onallure qu’elle fe tint ainsi au milieu du Feupendant deux heures Sc qu’elle vécut encoreneuf mois après.

4. Créer un élément 8 c l’ancanrir , en quel-que forte quand on veut, font deux actionsqui paroiflent excéder les forces humaines.Cependant on vient de voir avec quelle fa-cilité nous pouvons donner naissance auFeu, le conserver & le détruire. Reste encore

. à savoir en tirer parti en ménageant la ma-tière qu’il consume.

C’est ici sart de donner beaucoup de cha-leur avec peu de Feu ; d’accroîcre l’ardeur decet élément , & de se rendre maître de sesraïons pour les ramener à tel ou tel usage.Là-dtlTus les Physiciens ne fe font pas alsezexercés à mon gré. On le contente de fechauffer en faisant grand Feu , sans s'em-barrasser si un moindre Feu ne produiroicpas le même effet. Il semble qu’on appré-hende de se jouer avec cet élement. Les Sa-vans , comme les Financiers, ont le mêmeforer; Sc l’on voir peu de Feux philosophi-ques, 011 régné une lage œconomie , que lePhilosophe doit toujours rechercher, mêmeau milieu d’une grande opulence. Le seulOuvrage où j’ai vû manier le Feu avec art,est celui de M. Gauger intitulé : La Mécanì -que du Feu , ou F art d'en augmenter les effets& d'en diminuer la dépense. C’est un excellentLivre où l’on trouve des réflexions, des ex-périences Sc des raiíonnemen's tout - à- faitutiles.

Après avoir établi plusieurs principes tirésde la Dioptrique, ce Physicien prouve qu’onpeut échauffer une chambre en trois manié-rés. r°.Parles raïons directs du Feu\i° parlesraïons réfléchis ; 3 0 par une elpece de trans-piration , en transmettant la chaleur à tri*