Band 
Tome premier.
Seite
413
JPEG-Download
 

F ° R

proportionnelle à la quantité de mouvement,puilque la quantité de mouvement que lecorps perd à chaque instant, eftproportionnel-le au produitde la réhstance par la dureeinn-niment petitedel’instant, & que lafomme deces produits est évidemment la résistance to-tale. Toute la difficulté le réduit donc a la-voir íi on doit mesurer la Force par la quan-tité abíolue des obstacles , ou par la sommede leur résistance. M. d ’ Alembeit préféré ala mesurer de cette derniere maniéré ; parcequ’un obstacle n’étant tel qu en tant qu ilrésiste, la somme des résistances doit êtrel’obstacle vaincu. M. à! A lembert y trouve en-core cet avantage : c’est qu’en mesurant ainsila Force des corps, on a une meíure com-mune pour l’équilibre &i pour le mouve-ment retardé. Au reste , ce Géomètre laissechacun le maître de se décider là - dessus.( Traité de Dynamique , voïez la Préface,page XVII. & soiv. ) Et voilà donc la ques-tion réduite à une question de mots.

Sur tout cela, s’il y a quelqu’équivoque,c’est fans doute fur le mot de vitesse. Celuide Force ne peut faire aucune difficultéForce est l’exprellion d’un effort ou d'un efset capable de surmonter tel ou tel obstacle.Une Force est double d’une autre quandelle produit un double effet , quand ellevainc une résistance double d’une autre. L’i-dée qu’on a de ce mot est si nette qu’il se-roit inutile de s’y arrêter. Il n’en est pas demême de celui de vitesse. Par vitesse on en-tend bien en général un mouvement plus oumoins grand. Telle est l’idée que l’on s’enforme. Mais cette idée est-elle bien précise;Prenons la chose même.

Un corps va d’autant plus vite qu’un au-tre, qu’il parcourt un même espace , ou pourparler plus rigoureusement, une même éten-due en moins de tems , ou une plus grandeétendue dans le même tems. Le tems & l’eí

F ace , voilà ce qui compose la vitesse deaveu de tous les Mécaniciens. La vitesse,dit M. de Mairan , ( Lettre de M. de M air anSécrétasse Perpétuel de l’Académie Roïaledes Sciences, Lee. à Madame * * * sur la ques-tion des Forces vives , pag 37. ) n’eft autrechose qu’une dénomination de l’efpace par-couru divisé par le tems emploie à le par-courir. Je vais plus loin, & je dis : La vi-tesse est l’efpace ou l’étendue plus ou moinsgrande que parcourt un corps. Moïennantquoi le tems n’y est pour rien. En effet, si011 suppose une étendue infinie, ou pournous borner, une étendue assez considéra-ble pour ne pas nuire au mouvement d’uncorps quel qu’il soit, il est cet ain que lavitesse d’un corps sera d’autant plus grande

FOR 413

que celle d’un autre , qu’il parcourra uneplus grande patrie de cette étendue par unmouvement retardé, puisou’il ne s’agit icique dulterme,en quelque forte, de ce mou-vement. Le corps A aura été mu avec unedouble vitesse du corps B, si ce corps A aparcouru une étendue double de celle ducorps B. Cela est clair. L’étendue ou l’ef-pace est donc tout l’effet de la vitesse , certeétendue la mesurant & la déterminant. Jeprends acte de cette conséquence.

Maintenant, supposons qu’un corps muavec une vitesse capable de lui faire parcourir100 toises, terme absolu détour l'on mou-vement , rencontre d’abord un obstacle dansl’instant de fa course, òc que cet obstaclelevé, on le fasse mouvoir une seconde foisavec la même vitesse, & qu’il rencontre àcette reprise un obstacle au milieu de facourse, c’est-à-dire, à 50 toises. Je supposeun obstacle insurmontable. Je demande l’ex-pression de la Force particulière à ce corpsdans ces deux cas. Après les notions qu’ondoit avoir actuellement du mot de vitesse , iisemble que la réponse à cette question estfort simple. Le premier obstacle aura absorbé100 toises d’étendue , & le second 50. D’oùje conclud que l’estort du corps fur le pre-mier obstacle est double de son effort fur lesecond. Ainsi si l’étendue exprime la vitesse,comme je crois savoir exposé de la maniéréla plus évidente , la Force des corps est pro-portionnelle à la vitesse.

Leibnitç (I e titre de son écrit est , B revisdemonjlratio memorabilis & aliorum , Actaérudit. 1686. &c. ) Bernoulli ( Discours furles loix de la communication du mouvement q )de Mairan ( Dissertation sur Vestimation <5*la mesure des Forces motrices y ) Haïtien ( Deviribus motricibus y ) Jurin ( TransactionsPkilosoph. Mem. de L'Acad. 1728 y ) Hermart( Comment. Acad. Scient. Petropolit. ) s’Gra-vesande ( Elemens de Physique , Tom. I. )Bulfinger ( Comment. Acad. Scient. Petopol.)Poleni ( Tracíatus de Cajlellis y ) Madamela Marquise du Chatelet ( Institutions dePhysique ) & l’Abbé Deidier ( Réfutation desForces vives. Mécanique générale , &c. )soncles plus célébrés Physiciens qui ont écrit furles Forces vives.

8. Quelque soit le parti que l’on prenne li-dessus , il est un principe qu’on ne peut re-fuser : c’est celui de la Conservation desForces vives ; principe généralement reçu.Une Force vive (prise dans le sens le plusgénéral) est une Force qui ne fauroit périrfans se transmettre dans l’effet qu’elle a pro-duit. D’où il fuit, que cette Force est tou-jours conservée, de façon que fa valeur, qui

F f f ssj