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Tome second.
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tif, construit par un Bavarois Opticien.Aïant comparé exactement ce qu’ils avoientvû ,a\rc les figures publiées par Langrenus^Sc Hevelius , Kiccioli a enfin formé ou copiéla figure de la Lune , qu’il a publiée dansson A Images. nov. L. 1 P. pag. r.04, en con-servant les noms qu’avoit donné Langrenusaux montagnes ou aux taches qu’il avoir lui-même apperçues. {Voie^ TACHE). Parcette figure , qu’on adopte aujourd’hui, ondistingue toutes les parties de la Lune parleurs noms particuliers ; on obíerve exacte-ment les éclipses lunaires Sc les occultationsdes étoiles par cette planète, Sc on jugeavecplus de certitude de Ion mouvement.

Les Astronomes se contentent de recon-noître ces taches , Sc d’en tirer avantage. LesPhysiciens plus curieux cherchent à devinerce qu’elles peuvent être. Comme la Lune neparoît pas également éclairée Sc qu’on yvoit du haut Sc du bas, ils conjecturentque les parties les plus élevées font des mon-tagnes, Sc les plus balles des vallées. De plus,remarquant deux sortes de places sombres ,les unes variables aïant toutes les propriétésde l’ombre , les autres réfléchissant moins delumière , Sc présentant outre cela une sur-face plane Sc unie, ces Physiciens veulentque celles-là soient des ombres des monta-gnes & des rochers, Sc que celles-ci soientune masse d eau : Sc voici pourquoi. Lesfluides ont des surfaces planes Sc unies, &ils réfléchissent moins de lumière que laterre, parce qu’ils sont transparens Sc qu’ilslaissent palser au travers une partie desraïons de lumière. Il faut donc que les es-paces constans de la Lune soient des eaux ;parce qu’ils n’ont point de couleur & qu’ilsrestent toujours les mêmes. Voilà donc dePeau dans la Lune. On y trouve austî uneatmosphère Sc de l’air comme les nôtres;Sc bien tôt des plantes , des hommes ,Sec. Suivons cette singulière conjec-ture.

Lorsque la lumière du soleil est entierement interceptée par l’interposition de laLune , comme il est arrivé sur tout en 1706,011 remarque autour une lueur claire Sc largeentierement parallèle à sa superficie. Òrcette lueur ne peut être lester que d’unfluide qui s’accomode à sajfigure, Sc qui peutrompre Sc réfléchir les raïons de lumièrequi y tombent. Nécessairement ce fluidedoit être plus dense en bas Sc plus raréfiéen haut ; parce que cette lueur se trouve plusforte a la marge de la Lune que vers sonextrémité, où elle diminue de plus en plus.Et quel- autre fluide que l’air peut produke

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cet effet, lui, qui a cette même propriété,Sc qui à cause de sa pésanteur & de sa vertuélastique, est plus dense en bas Sc plus ra-réfié en haut ? II y a donc autour de la Luneun air qui est pé(ant Sc élastique tout commele nôtre. Comptons nos découvertes, i l 'desmontagnes; des vallées; des mers,des ifles , des rochers, des promontoires ,&c ; 4 0 un atmosphère pésant Sc élastique ,Sc sur-tout cela des raïons de soleil qùiagissent. En faut-il davantage pour y avoirdes exhalaisons , des vapeurs , de la pluie ,de la neige , Sccì Or cette pluie ne doit pastomber inutilement. Afin qu’elle ne soit pasà pure perte , il faut donc supposer desplantes Sc des arbres. S’il y a des plantes,elles ne doivent pas y être pour nul usage.On est donc forcé d-y supposer des êtres, àqui ces plantes soient utiles. Osons sonderles vues infiniment justes du Créateur. Dieuaïant tout créé pour manifester fa majesté ,Sc nous aïant placés hors de la portée d’ad-mirer les merveilles, dont il a orné la Lu-ne , fa sagesse veut qu’il y ait de même misdes créatures raisonnables en état de lescontempler , Sc qui par conséquent aïentune ame Sc un corps, c’est á-dire des hom-mes. La Lune est donc habitée : c’est maconclusion qui n’est pas neuve. On lit dansun Livre intitulé : De facìe in orbe Lunce ,par Plutarque , que les Anciens pensoientainsi. C’est auflì le sentiment de Kepler( Somnìum de Ajlronomìa lunari ) y celuià'Hevelius ( Selenographia) y de M. Hughens( Cosmothoreos ) y de Jean-Bapt. Du Hamel( AJlr. PhyJ'.),Sc d’un bel esprit M.dcFontenel-le (la Pluralité des Mondes.) (F’.SELENtTES.)

6. La Lune recevant fa lumière du soleil àproportion de sa distance Sc selon sa posi-tion , elle se présenté à nous ictus une figu-re qui varie continuellement. Tantôt elleest cornue , tantôt bojsue , tantôt croissante ,tantôt décroissante , tantôt dans le premierquartier , puis pleine Lune , enfin dernierquartier. J’ai déja insinué cela au commen-cement de cet article, Sc j’ai renvoie pouren rendre raison à PHASES DE LA LUNE,J’ajonte ici qu 'Hevelius a représenté par desfigures exactes tous les aspects dela Luneì l’é-garddu soleil de 10 en 10 degrés, (Selenogra-phia pag. 176 ); que cet Astronome y compte36 phases , dont 18 de la Lune croissante Scautant de la décroissante, Sc qu’il donneaux premieres les noms suivans ; \‘Lunaprima novijjìma , 1 Corniculata y 3 Falcata ;4 Cornigera y 5 Curvata , Cornata vel Con-cava y 6 Lunata y 7 PluJ'quam Lurtata y8 Adolescents y 9 Juvenis y 10 Prima qua-