Band 
Tome second.
Seite
164
JPEG-Download
 

ió4 M I N

poudre nécessaire pour enlever un piedcube de terre j & jl y a des terres de diffe-rentes sortes, les unes lourdes, les autreslegeres ; celles-ci sont tenaces, celles-là mou-vantes. En second lieu on doit savoir quelest: le solide de terre que la poudre enleve ,& toiser sa solidité. Les Mineurs nommentce solide de terre Excavation de la Mine ,& le trou d'où il a été enlevé, Entonnoir dela Mine. Développons ces deux cas bien dé-pendans, comme l’on voit , des Mathéma-tiques.

II y a quatre sortes de terrains, suivant lesplus célébrés Auteurs fur les Mines. Le pre-mier est un fable appelle auísi tuf. Le secondest l’argile ou terre de Potier , dont on sesert pour faire les tuiles. Le troisième, leterrain remué ou fable maigre ; & le quatriè-me , la vieille ou nouvelle maçonnerie.

Le pied cube de tuf pese , 24 livres - , celuid’argile 15 5 , & celui de fable ou terre re-muée 9 f. On n’a point encore évalué lepied cube de maçonnerie , parce qu’il n’est

Î iueres possible de le connoître , à cause dea quantité des differentes pierres qui y fontcmploïées.

Nous en tenant là, l’expérience apprendqu’il faut onze livres de poudre pour enle-ver une toise cube de tuf > 15 pour unetoise cube d’argile ; & 9 pour une toise cu-be de terre remuée. Enfin, pour une toisecube de maçonnerie 20 à 25 liv. de poudre,quand elle est hors de terre , & 3 5 à 40 li-vres quand elle est de fondation.

Ces connoissances acquises, il ne s’agitplus que de trouver le solide que la poudredoit enlever. M. De Vauban croioit quec’éroit un cône renversé, dont le sommetcroir au milieu de la chambre de la Mine.M. De Vauban se rrompoit. On l’a pris en»

M I N

fuite pour un cône tronqué. Mais le célébréM. De Valliere , à qui l’Artillerie doittanr,aïant examiné ce solide avec plus d’atten-tion, a trouvé que c’étoit un paraboloïde.Ce sentiment est reçu aujourd’hui. Ainsi pourconnoître la grandeur de la chambre,c’est-à-di-re, la quantité de poudre qu’elle doit contenir;il n’y a qu’à trouver la lolidité d’un para-boloïde formé par telle terre qu’on jugeraà propos, ou qu’on estimera être au-deilusde la Mine. A cette fin Voïei PARABO-LOIDE.

Cela connu, ainsi que la ligne perpendi-culaire au-deísus du fourneau , qui exprimela hauteur des terres à enlever (M. De ValliereA nommée cette ligne Ligne de moindre rèjij-tance ), & qu’on a trouvée par plusieurs expé-riences être égale au raïon du cercle de lapartie extérieure de l’excavation , c’est-à-dire , de celui de l’ouverture de l’entonnoir ;ces deux choses connues, dis-je, on a laquantité de toises cubes , que contient cha-cun de ces corps , & par conséquent la quan-tité de la poudre nécessaire pour l’enlever.Supposant, par exemple , que pour enleverune toise cube de terre il faille 11 livres depoudre, on multiplie les toises de l’exca-vation par le nombre de livres de poudrenéceffiires pour enlever chaque toise.

Par cette connoissance on détermine lagrandeur de la chambre de la Mine, quidoit être un tiers plus grande que I’espaceque doit occuper la poudre. On donne cetiers, parce que l’inrérieur de la chambreest tapissé de lacs à terre, de planches , depaille , &c. pour que la poudre ne contractepoint d'humidité dans le fourneau.

C’est par cette méthode que M. De Val-liere a calculé la Table ci-jointe.