Band 
Tome second.
Seite
179
JPEG-Download
 

MON

dernier tour. Lorfqu’on est là, la chaîneporte dessus cette piece & la faic bailler.Cela est cause que le crochet, qui tient àia fusée, arboute contre ce levier , & faitcharnière dans un piton fixé à la platine.

La partie superieure de la platine dontnous parlons (Planche XLV. Figure 109.)porte le grand cocq C & le petit c, qui sou-tiennent & couvrent le balancier. Ce der-nier est arrêté sur le grand , & entre les deuxest une piece de cuivre de même forme,dans laquelle roule & passe le pivot. A côtéest un petit cadran aïant un arbre & uneaiguille ; on le nomme Rosette. Cetterosette couvre une roue dentée D ( PlancheXLV. Figure no.) qui engraine dans unrateau R enchâssé dans une rainure assez, profonde de cette coulisse. Dans une en-taille faite au bras du rateau entre libre-ment un petit ressort K , appelle ressort ré-glant , attaché par une extrémité fur la pla-tine. Tout cet assemblage sert à regler laMontre , parce qu’en tournant l’aiguille onallonge ou on raccourcit le ressort. On 1 al-longe quand on tourne de gauche à droite;on le raccourcit lorsqu’on fait le contraire.Nous reviendrons à ceci dans la secondepartie de cet article.

Ces deux platines avec les roues ainsidéterminées font soutenues par des pilliersqui forment la cage C de la Montre , (Plan-che XLV. Figure 111.) &: les roues étant en-fermées dans cette cage composent toute Jamachine; je veux dire la Montre entiere.C’est ce que represente la Figure 11 1 ( Plan-che XLV. )

Le Lecteur n’attend pas que j’expliqueles additions qu’on peut faire & qu’on tait,aux Montres pour qu’elles marquent les se-condes ; qu’elles sonnent les heures commeles horloges ou les pendules ; qu’elles neles sonnent que quand on y touche exprès enpoussant un bouton, &c qu’elles les frappentfur le doigt au lieu de les sonner. ( LesMontres de la premiere espece s’appellentMontres à répétition , les secondes , MontresÀ sourdine). Ces agrémens ou ces rafinemensfont surnuméraires au mouvement des Mon-tres. On peut même les varier suivant songoût & son génie y & quand on a comprisle principe de ces automates , un Lecteurintelligent s’y exerce agréablement. Ce prin-cipe développé j’ai rempli ma râche. Toutce que je puis faire c’est de citer un Ouvrageoù (ont décrites ces fortes de Montres ainsienjolivées , si l’on pents’exprimer de la forte.C’est le Traité d'Horlogerie de M. Thiout. Jepasse donc à la seconde partie de cet article.1. Presque tout le monde est dans ce préjugé

MON j 79

de croire que pour juger de la bonté d’uneMontre , il suffit de l’observer un certaintems. On prend une Montre à lestai, c'est-à-dire , on l’achete à l’épreuve , & cetteépreuve ;consiste à la garder quelques jours,quelques semaines & même quelques mois,ôc à voir si pendant tout ce tems elle va ré-gulièrement. Quand cela est on pense quela Montre est bonne. Un tems plus considé-rable étant écoulé & la Montre achetée , onest souvent fort étonné d’avoir fait une mau-vaise emplette. Pourquoi ì C’est que rienn'est plus suspect que cette façon d’essaïerune Montre. 11 est des situations où son mou-vement est régulier, quoiqu’elle soit très-irré-guliere en elle-même , & cela parce qu’il estdes défauts tels que ceux d’une mauvaisefusée, où la chaîne se croise, au lieu des’enrortiller ; ceux d’un mauvais échappe-ment ; ( yoìe{ ECFfAPPEMENT. ) il est desdéfauts, dis-je , qui n’ont pas lieu dans dedecerraines positions, mais qui íe manifestentfurieusement dans d’autres. Ainsi un z Montreira bien pendant un mois dans le gousset,qui placée un jour seulement sur une tableira très-mal. Outre cela , les irrégularités decette Montre se corrigeront par leur irrégu-larité même; de forte qu’elle se trouverajuste par hazard avec une pendule au boutde ce tems. En troisième lieu on aura gardécette machine quelquefois dans un état derepos, ou dans celui d’un mouvement lent,qui dans un mouvement un peu brusque,souffrira de grandes secousses de la part dubalancier , des frottemens considérables, d’oùles vibrations se trouveront altérées. Touccela fait voir combien peu sure est cetteméthode, & combien dans le fond il estdifficile de connoître si une Montre est bon-ne. Après être convenu de ce point , M.Sulli qui a fait beaucoup de réflexions ju-dicieuses à ce sujet ( dans fa Réglé artificielledu Tems , Ch. Vlìl. IX. & X.) a trouvéque le meilleur moïen de s’asturer de labonté d’une Montre , étoit de faire les opé-rations suivantes.

On monte la Montre , on la met juste avecune bonne pendule & on la suspend. De 4en 4 heures on remarque l’heure , & fur lapendule & fur la Montre , & on écrit la dif-férence de l’heure, minute, demi-minute,de celle ci à celle-là. Au bout de 14 heureson tait une somme des observations , & onlaisse aller la Montre ainsi suspendue encorez ou 4 heures. Si elle va régulièrement avecla pendule, c’est déja un premier indicequ’elle n’est pas mauvaiíe, ou du moinsque fa fusée n’est pas défectueuse : ce qui estessentiel,

Z ij