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Tome second.
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M O U

A ces sophifines Zenon en ajouta un quia eu de la célébrité , quoiqu’il paroisse lorcirde la question. Il fuppoíe que quelqu’un,qu’i^leligne par le noua d 'Achille, à causede la conformité qu’il trouve entre la forcede son argument avec celle à'Achille, il íup-pose, dis-je , que cet homme coure aprèsune tortue , Sc qu’il aille di* lois plus vite• qu’elle. II donne’une lieue d’avance à latortue, & il raisonne ainsi : Tandis qu’^/-ckille parcourt la lieue que la tortue a d’a-vance fur lui, celle ci parcourt un dixiçmede lieue. Pendant qu 'Achille parcourt ledixième, la tortue parcourt la centièmepartie d’une lieue. Ainsi de dixième en dixiè-me , la tortue devancera toujours Achille,qui ne pourra jamais l’atteindre.

Ceci ne fait rien contre la réalité duMouvement, puilqu’v/c/n7/e Sc la tortue femeuvent. A l’égard de la difficulté qu’il ren-ferme , savoir qu une tortue qui a fine lieued’avance , Sc moins encore si l’on veut,.ne fera jamais atteinte par Achille, elleest fondée fur un fort mauvais raisonnement,dont Grégoire de Saint Vincent a fait voirla fausseté. Car c’est ici une progreífiongéométrique dont le dernier terme estC’est-à-dire, qu Achille atteindra la tortuelorsqu’il aura fait une lieue Sc de lieue.(Voici PROGRESSION.)

La derniere objection contre l’existencedu Mouvement est de M. Berkeley Evêquede Cloine , toujours attaché à soutenir desparadoxes, & à avancer des fentimens nou-veaux. ( Voie? CHALEUR Sc CORPS. )Voici son raisonnement. Si le Mouvementest dans les corps, il ne peut pas être enmême-rems rapide Sc lent. Mais le Mouve-ment est rapide à proportion du tems. qu’ilmec à parcourir un espace donné. Le remsest mesuré par la succession de nos idées dansnotre esprit ; Sc ces idées peuvent fe succéderplus vire dans un esprit que dans un autre.Donc le Mouvement n’étant point dans le corpsn’existe pas. Il est fâcheux pour M. Berkeley,que dans ce raisonnement il salle voir qu’il nefait pas ce que c’est que le terns ni fa me-sure. Qui a jamais oui dire que le terns estmesuré par la succession denos idées dans notreesprit ? V. CHRONOLOGIE. Laissons-làtousces jeux d’efprit, qui ne doivent plaire qu’àdes gens frivoles pour lesquels je n’ai pascomposé ce Dictionnaire. S’il le trouveencore quelque nouveau Sophiste qui viennechicanner fur l’existence du Mouvement,répondons lui comme fit Diogcne à. de pa-ieillesgens fur la même question : il fe pro-mena devant eux Sc leur demanda ce qu’ilfaifoir. Et cette maniéré de répondre coupe

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court à toutes les subtilités.

3. Quoiqu’o n ait beaucoup écrit furie Mou~veinent, i| n’est cependant rien de moinsconnu que fa communication. Comment leMouvement paíse-t-ild’un corps à un autre? La-réponse générale est qu’un corps persistantdans sérac où il est, lotlqu’on le tire de l’étacde repos pour le mettre en Mouvement, ildoit rester dans ce second état, jusques à cequ’il rencontre un obstacle, ou plusieursobstacles qui détruisent ce Mouvement. C’estici la loi de la force d’inertic. ( Voiei FORCED’INERTIE. ) Je ne vois pas qn’on répon-de par là directement. Cela peut bien prou-ver que le corps doit conserver son étatde Mouvement d’abord qu’il l’a reçu. Maiscomment l’a-t-il reçu ; Comment le trans-met-il ? On n’en lait rien. Et quiconqueaura quelque nouvelle idée à proposer à cetégard , fera certainement bien reçu des Phy-siciens. Dans cette vue , j’ofe hazarder uneconjecture que j’expoferai en peu de mots.

Un corps, une boule, par exemple , esten repos. Un homme, un joueur de mailvient lui donner un coup de mail, Sc par cecoup lui communique un Mouvement fortrapide. Pourquoi cela?. Telle est ma con-jecture. Lorfqu’un corps est en repos, il esten équilibre autour de son axe de gravité.Dès que cet équilibre est rompu , le voilà enMouvement jusques à ce que l’équilibre soitrétabli ; ou si le mot Mouvement fait peine ,le voilà dans un état diffèrent de celui danslequel il étoit lors de Ion équilibre. Celaposé, la boule étoit en repos avant que leJoueur de mail la frappât. Elle étoit doncen équilibre autour de son diamètre ( queje suppose être son axe de gravité) Sc ellepresïoit la surface fur laquelle elle étoitposée avec une force proportionnelle à famalle. Ainsi elle persistoirdans cet état aveccette force ; de maniéré qu’en ôtant ce quila foutenoir, elle feroit tombée avec unevitesse proportionnelle à l’effort de fa p te s-sion , à sa masse en un mot. Tout le mondeconvient de ces vérités , parce qu’elles fontsensibles à tout le monde. Mais qu’est-cequ’on fait quand on frappe certe boule ? Onajoure une force, une m aise â celle He laboule dans une direction différente de cellede fa propre malle. On détruit donc l'équi-libre en faisant peser , pour ainsi dire, laboule , chargée de matière plus d’un côtéque de sature. Aidons-nous ici d’une figure.

La boule B (Planche XLI. figure 119. )repose fur la terre qn’elle presse selon la di-rection B D avec une force proportionnelleâ sa m aise , Sc elle est en équilibre autourde cette direction, qui passe par ion axe.