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Tome second.
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la Mâture , aufquelles j’ai renvoie, Sc qui Ien renferment la théorie & la pratique,a. L’origine de la Navigation est ii obscurequ’on n’a pû en fixer l’époque. C’est ainsique j’ai établi Sc prouvé cette vérité dansmes Recherches fur l’origine & les pro-grès de la conjlructwn des Navires des An-ciens ■> citées à l’nrticle de l’Architecture na-vale. Quelques Savans Chronologistes pen-sent qu’avant le Déluge il y avoit des na-vires Sc qu’on avoit navigué. Ils fondentleur conjecture fur ce qu’àla fin du premierâge du monde les diverses contrées étoientpeuplées ; ce qui n’auroit pû être si lesDefcendans d 'Adam n’avoient pas traverséles mets pour les aller habiter. Il y avoitaulsi un grand nombre d’illes très-vastes,qui fans doute n’avoient pas cté désertespendant un si long espace de tems, Sc oùl'on n’auroit pû aborder si l’art de faireroute fur les eaux avoit été ignoré. On trouveaussi qu’il y a de l’injusticeà refuser aux hom-mes de ces premiers tems, aller de geniepour n’avoir pas inventé quelque efpece debarque ou de navire , dont le besoin femanifeste avec tantd’évidence, toit pour lecommerce , la guerre Sc même pour la curio-sité pure Sc simple. Fulgofe pour appuïer cesentiment , cite la carcasse de ce vieux na-vire avec son ancre , Sc les squelettes de 40personnes trouvé dans les mines de Berneen Suille. Etrfebe de Nuremberg, rapporte qu’àquelque distance du Port de Lima dans lePerou, on avoit découvert dans une mine d’orles débris d’un ancien navire , íur quelquesplanches duquel on voioit des caractèresantiques tout-à-fait inconnus. D’où l’onconclut que ces Vaisseaux n’aïant pû être ainsiensevelis dans les entrailles de la terre quepar le Déluge, ilsappartenoient aux prédéces-seurs de Noé qui en connoistoient par con-séquent l'usage. Enfin on ajoute que Japha, -Port de la Palestine , existoit avant ce terri-ble estet de la coleredu Trcs-Haut; que cePort fe nommoit Jopé, mais que Japhettroisième fils de Noé, l’aïant fait construiredans une forme plus régulière , lui avoitdonné son nom. Voilà les raifonnemensdes Savans qui fixent l’origine de la Navi-gation dans le premier âge du monde. Ecou-tons les autres.

Si avant le Déluge , difent-ils, la Navi-gation avoit été connue, Noé Sc fes enfanseulTent-ils été l’objet de la risée Sc de laraillerie de ceux qui les voioient bâtir l’Ar-che ? S’il y avoit eu des navires ne s’en fe-roir-il pas trouvé plusieurs fur les plages ,dans les ports, en route, fur mer , lorsque

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les eaux commencerent á inonder la terre îEt combien de perlonnes n’auroient pas étcsauvées par ce secours D’ailleurs 11 ces bâ-timens avoient péri, les livres sacrés au-roient ils passé fous silence cette circonstancedans le détail qu’ils ont donné de l’Arche Scdu Déluge ì Polidore ( De inventione rerum )Sc Fabreti (De Columna Traj.Jìng.) soutien-nent même qu’il n’y a aucune preuve qu’a-vantA'oí les diverses parties de la terre aientété peuplées comme elles le font aujourd’hui.Plusieurs Contrées , plusieurs Illes, plusieursRoïaumes pouvoient être déserts qui n’onrété habités qu’après le Déluge. Auparavantles hommes ne s’éroienr pas étendus hors del’Alie , Sc nul objet ne les avoit porté à allérchercher de nouveaux pais au - delà des-mers.

De ces raifonnemens on peut concluresûrement que l’origine de la Navigationn est pas connue , loir que cette originetoit antérieure ou postérieure au Déluge.J’ai expolé à l’article d’ARCHITECTURENAVALE les conjectures des Historiens furles premiers pas que firent les hommes furles eaux , & comment ils fe familiarisèrenten quelque forte avec cet élement. C’estdonc là qu’il faut recourir pour connoîtreles progrès de la Navigation. Comme cetart est d’une extrême importance , je termi-nerai cet article par quelques uns des avan-tages généraux , tels que je les ai présentésau Public dans tuf diícours composé à cesujet.

3. L'exemple le plus frappant fur futilité del’art dont il s’agit, est le changement qu’ilavoit fait du lieu le plus terrible en un lieule plus délicieux. Ormus, fur les Côtes dePerle, étoitun endroit entierement disgraciéde la nature. Son terroir sec Sc aride n’ylailfoit voir d’autrc eau que celle qu’il falloiry apporter de bien loin. Nul arbre , nularbuste n’y pouvoient croître. Les animauxnécessaires à la nourriture de l’homme n’yfubsistoient que peu de jours. On n’y voioitaucun oileau , même sauvage. Des chaleursplus excessives que celles qu’on éprouvefous l’équateur ; des volcans terribles , defrequens tremblemens de terre fembloienrfaire craindre à tout moment que la naturene fût boulverfée, Sc paroisioient conspirerensemble pour rendre ce lieu plus affreux &plus horrible. Cependant une multitude dedivers Peuples attirés par le gain Sc le né-goce , fe rendoit en foule dans un pais oùles ferpens même ne pouvoient vivre. LaNavigation qui y, étoit facilitée par fa si-tuation à i’embouchure du Sein Persique ,