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Tome second.
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qu’on voioit sortir du feu des yeux d 'A- Ilexandre le Grand , loríqu’il étoit dans lefort de la bataille. On dit ausli que l’Em-pereur Tibere jettoit dans la nuit feux &Haines par les yeux , & que de la clarté decette lumière il parcourrait les coins de (onappartement. On a peut-être un peu rencherifur ce dernier trait ; mais l'un & Tautrefont très-probables. On lit dans le Journaldes Savans du mois de Septembre 168;l’extrait d’tine lettre écrite de Londres , oufil est dit, que le Docteur Croon , en (e frot-tant le corps avec une chemise bien chaude 6ebien blanche, jettoit quantité d'étincelles;l'on raconte d’un Gentilhomme de Bristol ,qu’après s’être beaucouppromené,ses bas bril-loient par les étincelles qui (tutoient de sesjambes. La même chose arrivoit ausli à un deses enfans. M. De Mairan a connu un hom-me qui en (e peignant à l’cbscurité, faiíoitsortir de sa tête des étincelles aussi brillan-tes que celles qui sortent d’un caillou frappéavec le fusil, ( Dissertation fur les Phosphores& les Nocliluques , pag. 2 6 . Piece qui aremporté le ptix de l’Acadcmie de Bor-deaux en 1716. ) Enfin, on a plusieurs faitsfur cette matière encore plus surprenans.( Voìe{ aussi FEU FOLET , & Castor &Pollux.)

La derniere claííè des Phosphores naturelscontient les bois pourris , les poissons &Peau de la mer. Tout le monde fait que lebois pourri, que les ouïes des harengs irais,que des écrevilíes de riviere , &c. (ont lu-mineux. Il est fait mention dans le Journaldes Savans de 1666 , mois de Juillet , d uneexpérience que le Docteur Boile fit enAngleterre en 166; (ur les maquereaux. Ilfie bouillir un jour des maquereaux fraisdans de l’eau avec du sel & des herbesfines. Le lendemain il fit bouillir des ma-quereaux encore plus frais dans de pareilleseaux, & le jour suivant il mit l’eau & lesmaquereaux avec la premiere eau & les pre-miers maquereaux. Or le quatrième jourFeau & les poissons furent brillans de clar-té, & chaque goure de cette eau , lorfqu’elleavoir été remuée, étoit lumineuse. De sorteque les enfans en prenoient dans leur mainpour se divertir avec cette froide lumière. Lejour qui suivit cette expérience,l’eau ne renditaucune clarté. Mais lorsqu’on l’agita avec lamain elle parut lumineuse. L’aïant par La-zard agitée en rond avec assez de force ,elle reluisît tellement que les personnes quila regardoienr à quelque distance , crurentque c’étoit Limage de la lune qui donnoitpar la fenêtre dans un vaisseau plein de lait.Et à ceux qui étoient près de cette eau elle

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leur paroissoit enflammée , & ils voioientsortir des brillans en dedans & en dehorsdes maquereaux qui y étoient.

Il est parlé dans Pline ( Hist. naturelle ,L. XXXII. Ch. 19.) &C dans la Dissertation ci-devant citée de M. De Mairan , que lePoumon marin , que quelques Naturalistesprennent pour un poisson, & plusieurs au-tres pour un excrément visqueux de la Merendurci par le soleil, que le Poumon marin ,dis-je , non seulement éclaire la nuit, maisencore qu’il rend lumineux les corps quien ont été frottés. C’est un corps sphon-gieux, leger, fragile & de la figure d’unpoulmon. Il a des marques bleues & nagesur l’eau. Les Marins prétendent qu’il pré-sage la tempête. On sait plus sûrement qu’é-tant appliqué sur la peau , il y excite de ladémangeaison & en fait tomber le poil.

Enfin, la mer dans son agitation donnedes feux qui font par conséquent des Phos-phores naturels. Pour constater ce fait, ilsuffira de produire ici le témoigage de M.Fresier , qui en a été témoin oculaire, té-moignage qui tiendra lieu d’un plus grandnombred’autorités. Dans CaRe/ativn du Foia-gede la Mer du Sud , page 9, il est dit quele 1; Février, étant près désistés du CapVerd , aïant reviré de bord pour se mettrela nuit au large, ils avoient vû des brtsansd'eau dans le brillant de la mer, qui dansces endroits brajille beaucoup , c'est-à-dire ,qu elle es extrêmement lumineuse & étincelantependant la nuit , pour peu que la surface soitagitée par des poisons ou par des Vaisseaux ,de sorte que le sillage en paroît tout en feu.

Quelques Physiciens placent dans la classédes Phosphores naturels la pierre de Bologne,mais comme elle n’est Phosphore qu’aptèsquelques préparations, j’ai cru devoir lamettre dans celle des Phosphores artificiels.

Phosphores artificiels. J’ai déja dit quecesPhosphores étoient formés par des matièresqui devenoient lumineuses après quelquespréparations chimiques. On doit la décou-verte de ces Phosphores au Lazard qui ena bien fait d’autres. Un Chimiste nomméChristophe Jdolphe de Baldwin , Gouverneurd’une certaine place de Misnie , aïant faitdissoudre de la chaux dans de l’eau ou del’esprit de nitre , & fait évaporer ce der-nier par le moïen du feu , il trouva que lecorps qui restoit devenoit lumineux à cha-que fois qu’on l’exposoit au grand jour; qu’ilconfervoit la lumière pendant quelque tems& l’emportoit en quelque forte avec luidans l’obscurité, de la même maniéré qu’tineéponge retient l’eau dont elle a été imbibée.Cette expérience est exposée dans un LivreM m iij