T ) e la Foi avec la Raison, ií
me sentiment. L’on sait que Spinosa ne recon-noit qu’une seule substance dans le monde, dontles Ames individuelles ne font que des modifica-tions passagères. Valentin Weigel, Pasteur deTschopa en Misnie, homme d’esprìt, & qui enavoit même trop, quoiqu’on l’ait voulu faire pas-ser pour un Enthousiaste , en tenoit peut-êtrequelque chose ; aussi-bien que celui qui se nom-me Jean Angélus Silésien, Auteur de certains pe-tits Vers de dévotion Allemands assez jolis , enforme d’Epigrammes, qu’on- vient de réimprimer.Et généralement, la Déification des Mystiquespouvoit recevoir ce mauvais sens. Gerfon a dé jaécrit contre Rusbrock , Auteur Mystique, dontl’intention étoit bonne apparemment, & dontles expressions font excusables ; mais il vautmieux écrire d’une manière qui n’ait point be-soin d'être excusée. Quoique j'a voue aussi, quesouvent les expressions outrées, & pour ainsi di-re Poétiques, ont plus de force pour toucher &pour persuader, que ce qui se dit avec régu-larité.
io. L’anéantissement de ce qui nous appar-tient en propre , porté fort loin par les Quiëtis-tes, pourroit bien être aussi une impiété dégui-sée chez quelques-uns: comme ce qu’on racon-te du Quiétisme de Foë Auteur d’une grande Sec-te de la Chine, lequel après avoir prêché fa Re-ligion pendant quarante ans , se sentant prochede la mort, déclara à ses disciples, ’qu’il leur a-voit caché la vérité fous le voile des métapho-res, & que tout se réduisent au néant, qu’il di-soit être le prémier principe de toutes choses.C’étoit encore pis, ce semble, que l’opinion desAverroïstes. L’une & l’autre doctrine est insou-tenable, & même extravagante: cependant quel-ques