de la Foi avec la Raison. 17
puis a fait tant de bruit en Allemagne , & a étéappliqué bien ou mal à ceux qu’on foupçonnoit,ou qu’on faisoit semblant de soupçonner de Fa-natisme , ou même d’hypocrisie , cachée sousquelque apparence de réforme. Or quelques-unsdes auditeurs de ces Maîtres s’étant trop distin-gués par des manières qu’on trouva choquantes,ôc entre autres par le mépris de la Philosophie,dont on disoit qu’ils avoient brûlé les cahiersdes leçons; on crut que leurs Maîtres rejettoientla Philosophie : mais ils s’en justifièrent forthie», & on ne put les convaincre , ni de cetteerreur, ni des hérésies qu’on leur imputoit.
16. La Question de l’usage de la Philosophiedans la Théologie, a été fort agitée parmi lesChrétiens, & l’on a eu de la peine à convenirdes bornes de cet usage , quand on est entrédans le détail. Les Mystères de la Trinité , deLinéarisation & de la Sainte Cène donnèrentle plus d'occasion à la dispute. Les Photiniensnouveaux, combattant les deux premiers Mystè-res, se servoient de certaines Maximes Philoso-phiques , dont André Rester Théologien de laConfession d’Ausbourg a donné le précis dansles Traités divers qu’il a publiés fur les partiesde la Philosophie Socinienne. Mais quant à leurMétaphysique, on s’en pourroit instruire davan-tage par la lecture de celle de Christophle Steg-man Socinien , qui n’est pas encore imprimée,que j’avois vue dans ma jeunesse, & qui m’a étéencore communiquée depuis peu.
17. Calovius & Scherzerus Auteurs bien ver-
sés dans la Philosophie de l’Ecole , & plusieursautres Théologiens habiles ont amplement ré-pondu auxSociniens, & souvent avec succès; nes’étant point contentés des réponses générales. Tome I. B un